Jerez Texas, ou comment Zaz a révisé sa géographie musicale
Le 24 Novembre 2005 fut ce qu’on appelle communément une journée de merde. mais la soirée a rattrapé non seulement la journée, mais toutes celles qui ont précédé aussi, je crois bien. par un hasard (et non des moindres) je me suis retrouvée au satellit café, sans réellement comprendre ce que j’y faisais. POur info, cet endroit est une révélation dans ce Paris pas snob du tout que je ne connaissais pas, et qui loin de tous ces endroits paillettés où je dilapide mon temps, cache finalement le véritable Paris qui brille de sa simplicité et de ses trésors, ce paris qui m’a fait venir il y a quelques mois, pour des raisons qui ne comptent plus… Et puis,ils sont arrivés. les génies. je ne plaisante pas. des génies,des vrais, qui arrivent à faire jaillir du bout de leur doigts une musique tellement parfaite que j’ai failli en pleurer (et ceux qui me connaissent mesureront à juste titre la portée d’une telle phrase dans ma bouche)…
Présentations, comme on m’a si bien appris à les faire…:
d’abord, le guitariste Ricardo ESTEVE, qui apporte la fougue du flamenco, la chaleur latine qui ressort de chacune de ses notes. Cet incroyable musicien parvient à émouvoir aussi brillamment qu’il emporte son auditoire à la seule force de cette musique tellement aérienne qu’elle en devient ensorcelante. Ensuite, le très charismatique batteur Jesus GIMENO. il plane à vingt mille tellement il est enlevé par sa propre oeuvre. En l’observant, j’ai compris enfin pourquoi l’éthymologie du mot passion est souffrance. Loin de toutes les conneries qu’on nous apprend durant les fadasses et lointaines années de lycée, c’est simplement douloureux d’observer et de vivre en même temps son propre accomplissement, en toute harmonie. Je ne profanerais pas davantage ce musicien hors du commun, parceque toute la littérature n’y suffirait pas, et que mes 300 mots,il leur rit à la gueule. Et puis le dernier, ma perle, mon préféré, Matthieu SAGLIO. Il est rassurant de perfection, je me suis dit en l’écoutant que non, ouf,le 21° siècle n’avait pas tout bousillé. Parceque pour offrir une musique si époustouflante, avec autant de douceur et de talent ,il faut probablement, en outre d’être un génie, être profondément humain. C’est lui qui fait la particularité de ce groupe, puisque c’est lui la clé de cette combinaison qui les amènera au succès fulgurant qu’ils méritent, l’idée incroyable et audacieuse de marier le violoncelle aux consonnances jazzy et flamenca. J’ai naïvement imaginé que pour jouer du violoncelle de tant de manières différentes,il ne fallait pas simplement être un technicien hors pair, il fallait également être habité par la musique; on la voit presque couler dans ses veines, cette musique incroyable qui émerge de ses doigts, qui explose dans ses yeux, qui illumine son sourire… La musique qui m’a faite voyager pendant deux heures époustouflantes était pleines d’influences, latines, andalouses, orientales, classiques. Elle a réconcilié le monde entier de par sa grâce et sa volupté, mon monde en tous cas. M’a fait oublier toutes les merdes et les peines de mon petit univers nombriliste. Et moi aussi j’ai rêvé d’une planète sans frontières..
Leur album s’appelle SAO, c’est un bijou, un vrai, un girl’s best friend, un bijou comme on en fait de plus en plus rarement de nos jours..
Rendez-vous compte, il me guérit presque de ma mélancolie, je ne croyais plus…
Paris, 28/11/2005
[...] Et de deux! Hier soir avait lieu au Satellit café le concert parisien très attendu (par moi et deux autres [...]
Ping par Dans la bulle de Zaz, un monde à part… | février 29, 2008