Comment Zaz a re-découvert les Mille et une nuits dans une comédie musicale
Sur incitation de Label Ash, je suis allée jeudi dernier, jour de la fête de la musique, voir la comédie musicale Les mille et une nuits, de Kamal Dadi (musicien) et Mehdi Zizi (auteur-réalisateur).
La comédie musicale était jouée en showcase au Café de la Danse à Paris, pour offrir aux professionnels une première version du spectacle qui les encouragerait éventuellement à le soutenir et le promouvoir auprès d’un plus large public.
Première version, ce qui justifie sûrement les quelques loupés au niveau du son qui n’ont par ailleurs que très légèrement perturbé le spectacle à son début, et les chorégraphies, malheureusement bien trop rares à mon goût.Toutefois, ce spectacle haut en couleurs et riche en mélodies a été une très agréable surprise. Les partitions de Kamal Dadi se sont révélées époustouflantes et magnifiées par la voix de rossignol d’une Shérazade pleine de talent. Les enchaînements ont témoigné d’une réelle originalité, et d’une créativité indéniable.
Contrairement à la version “grand public” des Contes des Mille et une nuits, qui obéissent à une écriture enchâssée où le cadre principal demeure la narration de Shérazade au roi Shariyar, l’adaptation est une création quasi-totale où le récit de Shérazade reste bien le conte-cadre, mais qui s’enrichit de personnages nouveaux et qui intègre certains éléments historiques, comme la chute de Bagdad et la fin de la dynastie abbasside.
Simbad le marin ne vit plus uniquement dans les récits contés par Shérazade, il devient un personnage à part entière qui interfère dans sa vie, d’abord en la sauvant d’un mariage arrangé par son père, le grand Vizir, puis en revenant à Bagdad dans l’espoir de ravir le coeur de celle qui entre-temps sera devenue l’épouse du roi Sharyar. Omar Khayyam est le mentor de Simbad mais aussi son pass d’accès au palais: respecté par le Roi pour son savoir et ses connaissances en astronomie, il représente la science et la liberté de l’empire Perse au 13° siècle.
L’image de la femme constitue le noyau du récit. Au coeur de l’amour et de la guerre, la femme est d’une part la cause pour laquelle Bagdad devient un enfer de vengeance (Shariyar qui épouse une vierge tous les soirs et la tue au matin du lendemain), mais aussi l’élément grâce auquel la paix et la tranquilité regagnent la ville (Shérazade parvenant par la ruse à gagner la confiance du roi). La femme des Mille et une nuits est un être capable de toutes les vélleités et félonies envers son maître (le roi Shariyar et son frère sont tous deux victimes d’adultère) et également ses semblables (Boudour, fille du roi des mongols Mongka Khan trahissant Shérazade pour récupérer l’amour de Simbad, dont le coeur bat pour la reine de Bagdad), mais elle fait preuve d’une grande ruse, d’une érudition qui lui vaut la considération masculine, et d’une loyauté qui échappe aux hommes (Shérazade refusant de fuir Bagdad assiégée par les Mongols pour prouver sa loyauté envers son époux).
La comédie musicale de ces jeunes marocains ambitieux et pleins de talent fera à coup sûr reparler d’elle, largement en dehors de la blogosphère. Ces deux heures et demi de spectacle ont été enchanteresses et alors même que les partitions ne portaient pas forcément l’empreinte musicale de l’Orient, la Perse toute entière s’offrait à nous, juste là, en bas sur l’estrade.
Excellente continuation à ce duo aussi doué que complémentaire, et sincèrement: Bravo!

A quand une représentation au Maroc, grrrr les spectacles de qualité sont rares ici
J’ai l’impression que ces derniers jours il y a une pluie de talents qui inonde sur le maroc. Très impressionnant et c’est à demander où tout cela a été enfouie auparavant.
J’aime beaucoup le concept et je regrette d’avoir loupé l’occasion de voir le spectacle . Mais ca sera rajouté dans ma liste des choses à voir. Il faut dire qu’au rythme où vent les choses bientôt je dois prendre des congés pour découvrir tout cela!
Assez originale et prometteur comme projet, je leurs souhaitent une bonne continuation en espérant les voir au maroc prochainement…ça nous changerait un peu de la médiocrité des reproductions théâtrale qu’il y’a ces jours ci…
)))
PS: a zazou, le lourd c’est après les exams inchaalah je suis a court d’imagination ces temps ci
bon début de semaine a tous
Salut Zaz
juste pour te dire que sans l’avoir vu, j’ai l’impression d’avoir redécouvert les milles et une nuit aussi.
Une chose est sûre, si j’étais producteur c’est à toi que je demanderais de faire le pitch chez ardisson (mais non pas la bitch espèce d’obsédés).
Fhamator
Je les mets de suite dans ma liste de spectacles. Sais-tu jusque quand ils sont en représentation ?
Comme le dit si justement Larbi, je crois que nous assistons à une explosion des talents marocains ces derniers temps, et j’espère bien que cela va continuer.
En espérant qu’au Maroc, on se rende compte de l’importance de la culture et du spectacle et que de réels moyens soient mis en oeuvre pour les promouvoir, car ce n’est guère le système D auquel ont recours ces différents artistes qui leur permet de monter des scènes dignes de leur talent.
@ Najlae: je comprends ta frustration. c’est vrai que c’est pas évident de tomber sur de bons spectacles au Maroc, mais j’ai l’impression que ça bouge de plus en plus (non, je ne parle pas de Diam’s au Mégarama!)
@ Larbi: j’espère que tu auras l’occasion de les revoir à Paris. Cela voudra alors dire que le showcase a porté ses fruits .
@ mehdikan: tu ne perds rien pour attendre
On te lâchera pas, ON VEUT LES DETAILS! essaie d’assurer tes exams, il paraît que c’est important ces trucs…
@ Fhamator: tu m’inondes de gentillesses ici, chez toi, par mails interposés, alors fais gaffe parceque je suis imbuvable quand j’attrape la grosse tête
j’adore ce que tu fais, plus sérieusement.
@ Fays: le spectacle n’est plus d’actualité pour le moment, mais s’ils devaient revenir sur scène la pub se chargera sûrement de nous avertir… Pour ce qui est du manque de moyens au Maroc, je pense que le manque de demande a pendant longtemps paramétré cette variable. Maintenant que la demande se fait sentir, j’ose espérer que les ministères concernés (culture, communication) au même titre que les fonds privés, vont enfin émerger de leur torpeur et commencer à proposer des choses nouvelles, , histoire de freiner un peu la fuite des talents…