Comment Sailor m’a fait douter …
Ta voix comme un lacet autour de ma cheville et tes bras enroulent ma tristesse
Mon âme qui meurt chaque jour et ton corps sur le mien
Et moi qui te supplie de m’emmener tandis que je m’en vais
Et que les ballons d’eau qui coulent effacent ton odeur
Et hier qui n’en finit pas et qui devient demain
Mon parapluie contre le soleil et mon sourire contre moi même
Et le soleil qui meurt sous mes talons ingrats
Et mes vieilles bottes qui pleurent déja le bon vieux temps
Et des ballons d’eau qui coulent sur hier déjà loin
Et hier s’en revient demain
Je mange ta douleur et je triomphe de nous
Et la lumière qui revient et mon parapluie troué
Et le soleil qui s’engouffre comme tu faisais hier
Quand ton souffle dans ma main me brisait les tympans
Les ballons d’eau qui pleuvent sans cesse sous les ponts
Et les cloches d’hier qui n’augurent rien de bon
Et l’opéra de Lynch et les deserts de sables
Qui me piquent les yeux et ta main sur mon dos
Lula qui se réveille en plein dans la nuit noire
Et qui ne veut plus vivre pour voir venir demain
Et demain qui se noie dans les relents d’hier
Et les ballons qui pleuvent fleurent bon la lumière
Mes vieilles bottes marron dont le cuir est passé
Se conjuguent au futur et veulent braver la nuit
Et cette nuit qui lutte pour ne pas enfanter
D’un demain mort-né qu’a enterré hier
Et j’ai remis mes bottes mon amour pour demain
Et j’ai dans la main des tas de ballons roses
Et demain qui eclipse toutes les promesses d’hier
Et dans ma bouche qui fond un souvenir menthol
Et au fond de ma gorge un arrière-goût amer
Et sur mes lèvres demain juste un baiser d’hier.
Comment, où, que faire à Dakhla?

La première fois qu’on m’en a parlé, c’était il y a trois ans. Un couple d’amis qui déplorait ne pas me voir pendant une semaine de vacances à Casa parcequ’ils partaient en voyage.
-”Vraiment? Où ça?
- On va à Dakhla (voix surexitée et yeux qui pétillent coupés au montage)
- Vraiment? Où ça??
- A Dakhla!
- Hé ben… amusez vous bien alors, que dire?”
Dakhla. C’est où ce patelin? Depuis trois ans, je vois que Dakhla est devenue LA destination sympa, un peu comme Mirleft, inconnue ou méconnue il y a dix ans, et propulsée super spot aujourd’hui. Ou les cascades d’A9kchour. Ou les plages de Tamri. Ou tous ces endroits reculés, voire inhabités, où on se sentait à l’époque comme le premier homme sur la lune, et qui sont des destinations communes de nos jours.
Il faut que j’aille à Dakhla. Et c’est décidé, Zay et moi on y consacre 4 jours de notre précieux mois d’Août, où le temps est dépensé avec parcimonie (plus pour moi qu’elle parceque la vérité c’est qu’elle s’en tape)
Comme nous sommes deux chochottes qui se prennent pour des baroudeuses, on a besoin d’un peu d’aide pour la logistique, alors si vous avez des infos sur les itinéraires Casa-Dakhla (avion ou voiture) des adresses d’hôtels ou de ryads sympas pour deux jeunes filles en mal de tranquilité qui n’envisagent pas une seconde de se faire draguer par le réceptionniste, des plans culture de la région, des idées de choses à faire, des impressions de voyage à partager, A VOS CLAVIERS! Et d’avance, merci!
Comment ça, Grace Slick est finie?!
J’ai trouvé sur le net ce petit bijou d’interview par Life magazine de Grace Slick, la chanteuse psychédélique de Jefferson Airplane qui a failli faire prendre au président Richard Nixon, alors en pleine guerre contre la drogue et la contre-culture hippie, 600 microgrammes de LSD. Un geste qui aurait sans doute eu des répercussions historiques notables!
Elle aura lié amitié avec Janis, copiné avec Jim, fumé avec Jimi. La rockeuse, qui s’est greffée au groupe sur le tard (juste après le “boom folk” de la baie de San Fransisco, en 1966, soit un an après la formation du groupe), a su se rendre rapidement indispensable, et c’est notamment à elle que l’on doit les succès qui ont propulsé Jefferson Airplane, alors un groupe de rock sans envergure, dans les rangs de la légende du Rock: Somebody to Love, véritable hymne du summer of love, et l’inoubliable White Rabbit, masterisé dans la version live de Woodstock 69.
Cette dernière chanson prend une dimension toute particulière, puisqu’il s’agit là de la première à parler “ouvertement” de drogues sans disparaître sous l’effet de la censure. Le titre fait référence à l’acolyte d’Alice, l’héroïne de Lewis Caroll. Avec une candeur feinte, la chanson phare de l’album Surrealistic Pillow fait l’apologie de la consommation des substances à l’époque en vogue, et particulièrement le LSD et les champignons hallucinogènes. Et sous couvert d’une innocence enfantine, la génération Jefferson Airplane met les pieds dans le plat, prenant à témoin la génération ascendante pour démontrer qu’avant de fonder le mouvement hippie il aura fallu vivre beaucoup de désillusions pour forger leur idéal de paix (que la dure réalité réduira en miettes une décennie plus tard), et baigner dans un univers où même enfants, ils décelaient déjà les allusions aux drogues et paradis artificiels chez leurs personnages préférés (Alice au pays des merveilles en l’occurence -ouvrage truffé de références pour drug-users, et le fameux lapin blanc).
La chanson finit en apothéose sur cette phrase qui avait marqué mon adolescence tangeante et que je pensais naïvement être la seule à saisir (yèk lilou?): “FEED YOUR HEAD”. Grace Slick nous enrobe de sa voix pleine, lourde et hypnotisante. le chef d’oeuvre qu’est White Rabbit a par ailleurs alimenté l’imagination de nombreux metteurs en scène, puisque plusieurs scènes, parmi lesquelles certaines cultes, ont été habillées par la musique ou le symbole de White Rabbit. Dans les plus célèbres, on retrouve un Benitio Del Toro complètement défoncé essayant de se s’auto-éléctrocuter dans LAS VEGAS PARANO, un Mickael Douglas hébété dans une chambre à la lumière bleue dans THE GAME, et une Ada Nicodemou qui se trouve être la fille portant un tatouage de lapin blanc que NEO devra suivre (“follow the White rabbit”) dans l’une des toutes premières scènes du premier volet de la trilogie Matrix (un film bourré de symboles, qui m’a d’ailleurs fait penser la première fois à ”l’Allégorie de la caverne”, de Platon)
Sans rien enlever au reste de l’album, ce sont réellement ces deux chansons qui se distinguent incontestablement du reste du répertoire de Jefferson Airplane. Woodstock leur offre une notoriété internationale. Ils se reproduiront avec cette chanson au festival d’Altamont, où Marty Balin (membre fondateur des JA), passe un sale quart d’heure sous les coups des Hell’s Angels, chargés d’assurer la sécurité de ce concert gratuit.
Par ailleurs, Grace Slick intervient sur les albums mais mène une carrière parallèle avec son mari, le guitariste du groupe Paul KANTNER. Plus tard, le groupe éclatera en morceaux et se reformera péniblement, jusqu’au début des années 70, où il laisse place aux Jefferson Starship, où figurait entre autres David Crosby et le batteur des Grateful Dead, Jerry Garcia. Grace Slick commet quelques morceaux en dilettante, mais le groupe n’est que l’ombre de lui-même, et l’aura des Jefferson Starship n’est en aucun cas comparable à celle qui a mené les JA au sommet des charts où se tutoyaient en 67 Sergent Pepper’s, Forever Changes, et autres The PiPer at the Gates of Dawn. Au milieu des années 80, Paul KANTNER, guitariste et dernier membre du groupe initial, quitte le groupe en s’assurant que l’utilisation de “JEFFERSON” ne serait plus possible après son départ. Le groupe, dès lors baptisé Starship, connut un certain succès, notamment avec son album Knee Deep in the Hoopla, classé disque de Platine. Quelques autres succès firent tenir le vestige jusqu’au début des années 90, où il se sépare définitivement. Le groupe initial se reforme furtivement en 1992, le temps d’un concert.
Un arrière goût des 60’s, ravivé par les 40 ans du Summer of Love, célébrés cette année (programmation conséquente sur Arte tout au long du mois) . Je ne comprends d’ailleurs toujours pas pourquoi cette version incroyable ne figure pas dans le film officiel de Woodstock 69…
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Comment Country Joe avait déjà tout dit en 1969
C’était il y a 38 ans, et c’est tellement à l’ordre du jour.
Il n’y aura plus de Woodstock, d’abord parce qu’il n’y a plus de rock, ensuite parce que les contre-cultures ne sont plus ni fédérées autour d’un idéal commun, ni pacifistes. L’émulation qu’entraînent certains projets suscite l’intérêt général d’individus végétatifs qui se noient dans la passivité. En 2007, le terrien se borne à désapprouver, mais que sait-il de la mobilisation?
Il n’y aura sans doute plus jamais 300 000 personnes qui scandront le FUCK! de Country Joe pour dire non à la guerre, mais il reste la guerre.
C’était il y a 38 ans, et c’est tellement à l’ordre du jour.
A la différence près qu’aujourd’hui, le Viêtnam s’appelle l’Irak. Plus d’infos »
