Comment il est mort, Basri?
Un petit post ultra rapide pour m’étonner du fait que je viens d’apprendre le décès de l’obscur Driss Basri à Paris, le 27 Août dernier. Un rapide communiqué aurait été publié au Maroc, mais les grands médias n’ont pas jugé intéressant de faire circuler l’info (ou alors c’était pas flagrant!). Curieux quand on sait qu’on parle de l’ex Homme Fort du royaume au zèle excessif, le saigneur de SM Hassan II comme je l’ai lu sur le net.
Dans nos coutumes, il est interdit de dire du mal des morts. Ceci explique sans doute le silence qui entoure la nouvelle, car comment serait il possible de dire du bien d’un tel homme?
Pendant 45 ans, il aura exécuté ou sous-traité toutes les basses oeuvres du royaume, à grands coups d’actes liberticides (trucage d’éléctions, nominations douteuses, instauration de la terreur) et de violations des droits de l’homme (on ne parle plus des crimes terribles des années de plomb: tortures, dispartitions, j’en passe et des meilleures). Sa révocation avait été un geste fort à l’arrivée de SM au pouvoir, dévoilant ainsi une véritable volonté de rupture avec une politique ultra-répressive et une administration outrageusement corrompue.
Décédé d’un cancer et surtout en toute impunité, l’homme de main de feu SM le roi Hassan II, exilé en france depuis sa disgrâce quand SM le roi Med VI accède au trône, n’a jamais eu à répondre de ses actes. Emportant dans sa tombe une partie des secrets qui hantent le Maroc, l’ex Grand Vizir s’octroie en plus le privilège d’être mis en terre à Rabat, dans le cimetière des Martyrs qui jouxte le siège du conseil constitutif des Droits de l’Homme, qui a par ailleurs tenté plusieurs fois de le confronter à ses actes, en vain.
Les hauts dignitaires de l’état, à qui il a enseigné la mauvaise foi et la servilité outrancière, ne se sont pas bousculés pour accompagner à son ultime résidence la dépouille du mouton noir du pays.
A la presse française (la seule à accorder au ministre déchu et sans-papiers une petite tribune après son limogeage), il aurait dit, plein d’aigreur: “ceux qui se montrent les plus virulents envers moi sont ceux que j’ai fait”. Quand on voit que des hauts dignitaires et des notables qui se glorifiaient à l’époque d’avoir parlé, serré la main, foulé le green ou travaillé avec Driss Basri, aucun ou presque n’a voulu assister aux obsèques, on est en droit de se faire beaucoup de souci pour le Maroc, son Makhzen, et ses institutions…