Dans la bulle de Zaz, un monde à part…

les pieds au sol, la tête dans les nuages

Jerez Texas (2), ou comment Zaz poursuit la saga musicale

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Et de deux!
Hier soir avait lieu au Satellit café le concert parisien très attendu (par moi et deux autres bonnes centaines de personnes) du fabuleux trio de JerezTexas. Jeunes et moins jeunes avaient bravé la pluie et le froid afin de découvrir la nouvelle perle du groupe: Patchwork.
AYé. C’est ce que disait la mention que l’on m’a tamponnée sur le dos de la main, car à la joie d’assister au concert s’ajoutait celle d’y avoir été conviée par l’adorable manager du groupe (encore merci Gabriel!)
Malgré une programmation musicale parmi les meilleures de Paris, je n’avais pas eu l’occasion de retourner au Sat depuis ce fabuleux concert du groupe en 2005, où le hasard m’avait amenée à les découvrir.
Au Sat’, rien n’avait changé; mes souvenirs m’ont un instant laissé penser que la scène avait été déplacée, mais l’endroit était toujours aussi chaleureux et original, avec ses murs noirs parsemés d’étoiles et sa musique qui vous abandonne au bord de la transe.
Je suis au premier rang, je trépigne d’impatience derrière ma relaxe apparente. L’attente est longue. J’ai le temps de divaguer, laisser mes pensées s’égarer sur le “Pearl” de la batterie de Jesus Gimeno. et je rêve de Janis.
Le groupe arrive, accompagné d’Isabel Julve, l’incroyable flamenca à la voix d’or pleine de fêlures.
Le concert commence, les mélodies s’enchaînent heureusement, le génie de chacun traverse l’instrument dont il joue et les notes, dans un enchâssement élaboré, s’unissent. Légères, vives, et harmonieuses .
Isabel Julve est là, détonnante d’énergie et de justesse. Elle avait manqué à l’appel en 2005, je n’avais pas eu le plaisir de la voir sur scène comme hier soir, où sa voix déchirée m’a bouleversée.
La “flamenca preferida” du groupe a montré l’étendue de son talent, tant en danse qu’en chant. Sa voix haute et vibrante a livré ses émotions sans demi-mesures, ses talons ont claqué et son corps a tressailli, et au rythme des notes envoûtantes aux influences multiples, elle a fait revivre toute l’histoire du flamenco.
Les morceaux se sont suivis, alternant les nouveautés de Patchwork et les bons souvenirs de Sao, dont la teneur et le style sont demeurés intacts. Celtic Fandango, Tango al Jerez, Siroco, après les avoir écoutés vingt mille fois sans jamais m’en lasser, je les ai redécouvert comme pour la première fois, avec un enchantement qui frôlait l’hébétude.
Ils ont eu l’audace d’ébranler La foule de Piaf,  et de revisiter la Couleur café de Gainsbourg, en leur insufflant une jeunesse nouvelle sans jamais les ternir.

Jesus Gimeno, en grande forme, a offert à un auditoire conquis une performance mêlant percussions et batterie. La maestria de ses poignets fous a laissé bouche bée nombre d’entre nous, qui le regardions ébahis, disperser avec précision et virtuosité des notes séparées de moins d’un demi ton au gré de ses mouvements d’une agilité déconcertante.  Par trois fois au cours du concert, il s’est emporté avec brio, faisant danser avec adresse les baguettes du cajon.
Matthieu Saglio a offert à ses proches un solo de violoncelle absolument époustouflant, une ode véritable à la pureté de la musique. Ricardo Esteve a, dans une allégresse contagieuse, laissé éclater toute sa virtuosité dans les six cordes de sa guitare.

Dans l’élégance et la distinction, le trio complice fonctionnait toujours à merveille, illuminé par la présence d’Isabel Julve.
3 ans c’était long, mais ça valait largement le coup d’attendre.
Je ressors, munie du dernier album et d’une tonne de bonne humeur. J’allume une cigarette. L’inscription sur mon poignet me fait sourire: AYé. Encore une jolie histoire.
“Remerci beaucoup!”

février 29, 2008 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Conso: J'ai testé pour vous, Critiques et impressions, Le coin des génies, Zaz | | 2 commentaires

Comment Zaz se met en veille

Bien sûr c’est stupide. Pourquoi vouloir usurper l’identité d’un autre, s’inventer une vie qu’on n’a pas?
Pour la plaisanterie répondra-t-il. Une de celles qui virent au cauchemar et font regretter d’avoir eu l’envie de redresser les commissures.
Encore une preuve que le Maroc est un pays incohérent, incompréhensible, qui se distingue par la dichotomie entre la direction qu’il annonce vouloir prendre et celle où le guident réellement ses pas.
Fouad Mourtada rejoint la liste déjà trop longue des victimes de la répression aveugle et de la machine à broyer des vies qu’est parfois notre cher makhzen. Comme les musiciens “satanistes” dont l’histoire inspire un film marocain qui sortira prochainement (Les anges de Satan, d’Ahmed Boulane) et celle du “scandale gay” de Kser el kebir dont on ne connait toujours pas le verdict, il semblerait que Fouad Mourtada soit entré en collision directe avec l’humour à la sauce makhzannienne, et tout le monde sait comme ils sont drôles, surtout quand ils font preuve de zèle….
Ce jeune homme, ingénieur de métier, aurait tout au plus mérité d’être réprimandé, voire sermonné sur sa conception de l’amusement et ses entraves au protocole et à la constitution. Il se retrouve aujourd’hui brisé, à genou et à la une d’une triste actualité.
Ce blog comme des dizaines d’autres marque son soutien à Fouad Mourtada, et s’insurge contre les pratiques ultra-répressives du plus beau pays du monde.

février 19, 2008 Posté par Zaz | Mes sautes d'humeur, Politique, Zaz | | 4 commentaires

Comment Zaz ne sait plus quoi faire de ses valises

Où suis je?
Où vais je?
Me voilà enfin confrontée à ce choix que j’ai réussi à éviter toutes ces années. Quitter la France? Rentrer au bercail? Aller explorer de nouvelles contrées? S’offir un nouveau départ?
Un dilemne qui arrive avec son lot de doutes, de remises en causes, et parfois de regrets.
Je cherche à élire mon “chez moi”. Un endroit où poser mes valises, sentir que demain se construit activement, que demain a un sens.
D’aucuns me rétorqueront que “chez moi” je le porte en moi, c’est dans mon coeur où que j’aille.
Mais je n’ai pas cette largesse d’esprit, je ne sais pas m’accomoder de ce genre de répliques. chez moi doit contenir un code postal qui arrête de changer au gré de mes humeurs.
J’évalue, je compare, je mesure les impacts d’un choix, les incidences d’une décision, les conséquences d’une action non réfléchie. je resitue le débat, multiplie les prismes de réflexion, organise mon argumentation. je constate avec effroi que ma seule question se résume finalement à “qui suis-je?”
Je me répète cette question: qui suis-je?
Je pensais pourtant y avoir répondu avant de clore le chapitre haut en couleurs de mon adolescence turbulente.
Je suis surprise de constater que visiblement je me suis trompée.
Qui suis je?
Pourquoi ai-je si peur de retourner dans un pays qui est le mien, alors que rien d’autre ne compte depuis déjà quelques mois? Pourquoi ai-je autant de mal à franchir le cap?
pourquoi je me sens enserrée dans un étau dès que la perspective de retour prend forme, alors que je gaspille mes journées ici à trouver les rues trop larges, les gens trop distants, le temps et les humeurs trop froides?
Je me demande ce que m’offrira mon pays, et ce que je pourrai lui apporter, une fois mise de côté une jolie existence dorée.
Et ce que m’offre mon pays d’adoption, une fois écarté ce sentiment de non-appartenance que je m’amuse à entretenir. Et aussi tout ce dont il me prive.
Le bilan est mitigé des deux côtés, mais je ne peux pas me satisfaire de mes hésitations, puisque je dois trancher.
Et il y a toi. c’est beaucoup trop. C’est tellement peu.
Jusqu’où vais-je devoir ronger mes angles pour retrouver ma place dans ma bulle? Qui deviendrai-je si je dois renoncer à mon exhubérance, à ma petite folie chronique qui me fait m’aimer bien?
Et si en restant ici je ne faisais que reculer une échéance indélibile qui arrivera inexorablement à son terme? et qu’au passage j’en profite pour me perdre sans jamais plus me retrouver?
Et si je m’avouais qu’au fond, toutes ces complications m’évitent d’affronter l’essentiel? et qu’au fond, je trouve mon salut dans une fuite éternelle?  

février 11, 2008 Posté par Zaz | Zaz | | 16 commentaires