Klapisch et Zaz: comment a-t-on pu en arriver là?
Il fallait que ça arrive: même les plus grands finissent par tomber de leur piédestal (ou du moins trébucher), d’où l’intérêt d’admirer toujours des idoles…décédées, au travail immuable.
Je suis allée voir le dernier bébé de Klapisch hier.
“Cédric tu m’as déçue. Tout y était pourtant, le casting parfait, l’histoire émouvante, la mise en scène méticuleuse, ton talent, rien ne manquait, sauf une âme au film.
Cédric je n’ai pas retrouvé l’alchimie immanquable de ton travail conjugué aux prestations d’un Romain Duris qui marmonne plus qu’il ne joue. pire encore Cédric, je me suis parfois presque ennuyée. Je n’ai pas retenu les prénoms de tes personnages, parcqu’en dehors du duo Elise/Pierre que tu as abandonné en cours de route alors qu’il s’annonçait vibrant et émouvant, et de Lucchini, exceptionnel par nature mais totalement prévisible en l’espèce, je n’ai rien reconnu de toi.
Ta griffe, je l’ai aperçue dans le rôle de Karin Viard, merveilleuse dans ce rôle ingrat de boulangère précieuse, hystérique et raciste.
Je suis déçue Cédric, parceque tu as mis toute ta technique dans ce film, mais que tu as oublié d’y insuffler l’énergie qui lui manquait pour devenir une autre des tes belles histoires. Tu as enchaîné les plans, multiplié les personnages, soigné tes seconds rôles, mais tu es resté en surface, et tu t’es retrouvé avec tellement de ficelles dans les doigts que tu n’as pas su tirer de cette foule une essence.
J’ai fait de mon mieux pour adhérer à l’histoire, mais je ne trouvais plus de sens aux évolutions, aux intéractions et aux questionnements de certains de tes personnages.
Pourquoi ces mannequins snobinardes de Paris qui rêvent de s’accoquiner dans les chambres froides de Rungis? Pourquoi le clandestin camerounais, abandonné tout au long du film et péniblement récupéré à bord lors de la dernière scène? Pourquoi Olivia Bonamy, puisque sa présence n’enlève ni ne rajoute rien au film? et surtout, pourquoi François Cluzet, inutile sinon pour accentuer le contraste avec son frère?
Rassure toi, Cédric (parcque évidemment, j’ai la faiblesse de croire que mon avis aura de l’importance pour toi). Rassure toi, Paris n’est pas un mauvais film, loin de là. Mais je me suis sentie comme quelqu’un à qui l’on sert un très bon croque-monsieur dans un trois étoiles Michelin. Ce n’est mauvais dans l’absolu, mais étais-je vraiment venue pour ça?
Aller aux projections de tes oeuvres, c’est espérer rencontrer à chaque fois cette magie que je retrouve dans tous tes films, faite d’une sensibilité exarcerbée, d’un rejet de considérer le monde adulte comme un univers d’impossibilités où les rêves d’enfant passent à la trappe, et où les logiques implacables dévastent ce qu’il reste de drôle dans le monde.
j’ai buté sur un film, un film “choral” comme ils disent, où rien ne me parlait, sinon Paris qui m’est si chère, la peur et la tendre confusion d’Elise, la folie douce et le chagrin de cet historien encore endeuillé et livré en pâture à l’injustice de la jeunesse de l’objet de sa convoitise, et cette détestable boulangère à qui il reste encore beaucoup à apprendre de la vie.
Ce que je regrette, c’est d’être peut-être passée à côté du film. J’ai forcément manqué une marche, et j’ai dégringolé en bas de l’escalier. J’ai vu le film en contre-plongée, avec cette insupportable impression que j’attendais à chaque fin de séquence quelque chose qui n’arrivait pas.
Peut être que tu mûris beaucoup trop vite pour moi Cédric, peut être que naïvement, je cherche un “Tomasi” anguleux et sans compromis dans chacun de tes films. Peut-être est il temps que j’arrête, et que j’entreprenne de grandir un peu.
Je t’aime Cédric, parceque si demain tu devais réaliser une sombre merde, elle ne me laisserait pas indifférente, et j’en garderais au moins une réplique que je trouverais phénoménale*”.
* en l’occurrence celle de Lucchini, historien alléché uniquement pour des raisons financières par une proposition de travailler avec la télévision pour un projet de vulgarisation de l’Histoire : “Vous savez, en France, quand on est chercheur on cherche surtout à joindre les deux bouts”
Comment rendre drôle et public un adultère assumé

La télé française a décidément beaucoup à apprendre de sa soeur américaine.
Depuis Janvier 2003, ABC compte dans sa nocturnale le Jimmy Kimmel Live, présenté par James Christian Kimmel (l’homme qui donnait sa voix au chien dans le film “Road trip”). En fait de Live il s’agit d’un programme en diffusion légèrement différée (une heure), permettant de biper tous les F*** des invités et de flouter les offenses éventuelles à l’amérique puritaine (celle dont les enfants sont nés dans des choux-fleurs).
Avec cinq ans d’antenne, le Jimmy Kimmel Live reste le late-night show le plus diffusé depuis les trente dernières années sur ABC. Certaines habitudes de l’animateur sont devenues cultes, au même titre que le “amis de l’homme en noir, BONSOIR” de thierry Ardisson. Ainsi, quasiment à chaque fin d’émission, Jimmy Kimmel remercie les invités présents et poursuit par un facétieux “our apologies to Matt Damon, we ran out of time”*, sous entendu qu’il attendrait en vain son tour en coulisses.
Le 31 janvier 2008, pour les 5 ans de l’émission, l’actrice et par ailleurs fiancée de Jimmy Kimmel Sarah Sullivan décide, en compagnie de Matt Damon, de faire une blague à l’animateur.
Je vous laisse apprécier:
La réponse de l’animateur ne se fait pas attendre: un mois plus tard Jimmy Kimmel réplique à la plaisanterie de Sarah, mais il dégaine l’artillerie lourde. En effet, le tournage de ce clip à l’américaine compte à son générique Harrison Ford, Cameron Diaz, Don Cheadle, Robin Williams, Huey Lewis, Rebecca Romijn, Macy Gray, Pete Wentz, Dominic Monaghan, Joel and Benji Madden, Josh Groban, Christina Applegate, Meat Loaf, Perry Farrell, Lance Bass, Joan Jett et même… Brad Pitt, en irrésistible livreur FEDEX.
Décidément, on sent bien que la grève des scénaristes est terminée
Les bips restent insupportables…

