Dans la bulle de Zaz, un monde à part…

les pieds au sol, la tête dans les nuages

Klapisch et Zaz: comment a-t-on pu en arriver là?

paris_haut.jpg
Il fallait que ça arrive: même les plus grands finissent par tomber de leur piédestal (ou du moins trébucher), d’où l’intérêt d’admirer toujours des idoles…décédées, au travail immuable.
Je suis allée voir le dernier bébé de Klapisch hier. 
“Cédric tu m’as déçue. Tout y était pourtant, le casting parfait, l’histoire émouvante, la mise en scène méticuleuse, ton talent, rien ne manquait, sauf une âme au film.
Cédric je n’ai pas retrouvé l’alchimie immanquable de ton travail conjugué aux prestations d’un Romain Duris qui marmonne plus qu’il ne joue. pire encore Cédric, je me suis parfois presque ennuyée. Je n’ai pas retenu les prénoms de tes personnages, parcqu’en dehors du duo Elise/Pierre que tu as abandonné en cours de route alors qu’il s’annonçait vibrant et émouvant, et de Lucchini, exceptionnel par nature mais totalement prévisible en l’espèce, je n’ai rien reconnu de toi.
Ta griffe, je l’ai aperçue dans le rôle de Karin Viard, merveilleuse dans ce rôle ingrat de boulangère précieuse, hystérique et raciste.
Je suis déçue Cédric, parceque tu as mis toute ta technique dans ce film, mais que tu as oublié d’y insuffler l’énergie qui lui manquait pour devenir une autre des tes belles histoires. Tu as enchaîné les plans, multiplié les personnages, soigné tes seconds rôles, mais tu es resté en surface, et tu t’es retrouvé avec tellement de ficelles dans les doigts que tu n’as pas su tirer de cette foule une essence.
J’ai fait de mon mieux pour adhérer à l’histoire, mais je ne trouvais plus de sens aux évolutions, aux intéractions et aux questionnements de certains de tes personnages.
Pourquoi ces mannequins snobinardes de Paris qui rêvent de s’accoquiner dans les chambres froides de Rungis? Pourquoi le clandestin camerounais, abandonné tout au long du film et péniblement récupéré à bord lors de la dernière scène? Pourquoi Olivia Bonamy, puisque sa présence n’enlève ni ne rajoute rien au film? et surtout, pourquoi François Cluzet, inutile sinon pour accentuer le contraste avec son frère?
Rassure toi, Cédric (parcque évidemment, j’ai la faiblesse de croire que mon avis aura de l’importance pour toi). Rassure toi, Paris n’est pas un mauvais film, loin de là. Mais je me suis sentie comme quelqu’un à qui l’on sert un très bon croque-monsieur dans un trois étoiles Michelin. Ce n’est mauvais dans l’absolu, mais étais-je vraiment venue pour ça?
Aller aux projections de tes oeuvres, c’est espérer rencontrer à chaque fois cette magie que je retrouve dans tous tes films, faite d’une sensibilité exarcerbée, d’un rejet de considérer le monde adulte comme un univers d’impossibilités où les rêves d’enfant passent à la trappe, et où les logiques implacables dévastent ce qu’il reste de drôle dans le monde.
j’ai buté sur un film, un film “choral” comme ils disent, où rien ne me parlait, sinon Paris qui m’est si chère, la peur et la tendre confusion d’Elise, la folie douce et le chagrin de cet historien encore endeuillé et livré en pâture à l’injustice de la jeunesse de l’objet de sa convoitise, et cette détestable boulangère à qui il reste encore beaucoup à apprendre de la vie.
Ce que je regrette, c’est d’être peut-être passée à côté du film. J’ai forcément manqué une marche, et j’ai dégringolé en bas de l’escalier. J’ai vu le film en contre-plongée, avec cette insupportable impression que j’attendais à chaque fin de séquence quelque chose qui n’arrivait pas.
Peut être que tu mûris beaucoup trop vite pour moi Cédric, peut être que naïvement, je cherche un “Tomasi” anguleux et sans compromis dans chacun de tes films. Peut-être est il temps que j’arrête, et que j’entreprenne de grandir un peu.
Je t’aime Cédric, parceque si demain tu devais réaliser une sombre merde, elle ne me laisserait pas indifférente, et j’en garderais au moins une réplique que je trouverais phénoménale*”.
* en l’occurrence celle de Lucchini, historien alléché uniquement pour des raisons financières par une proposition de travailler avec  la télévision pour un projet de vulgarisation de l’Histoire : “Vous savez, en France, quand on est chercheur on cherche surtout à joindre les deux bouts”

mars 3, 2008 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Le coin des génies, Zaz | | 2 commentaires

Jerez Texas (2), ou comment Zaz poursuit la saga musicale

sao.jpgpatchwork-80x801.jpg

Et de deux!
Hier soir avait lieu au Satellit café le concert parisien très attendu (par moi et deux autres bonnes centaines de personnes) du fabuleux trio de JerezTexas. Jeunes et moins jeunes avaient bravé la pluie et le froid afin de découvrir la nouvelle perle du groupe: Patchwork.
AYé. C’est ce que disait la mention que l’on m’a tamponnée sur le dos de la main, car à la joie d’assister au concert s’ajoutait celle d’y avoir été conviée par l’adorable manager du groupe (encore merci Gabriel!)
Malgré une programmation musicale parmi les meilleures de Paris, je n’avais pas eu l’occasion de retourner au Sat depuis ce fabuleux concert du groupe en 2005, où le hasard m’avait amenée à les découvrir.
Au Sat’, rien n’avait changé; mes souvenirs m’ont un instant laissé penser que la scène avait été déplacée, mais l’endroit était toujours aussi chaleureux et original, avec ses murs noirs parsemés d’étoiles et sa musique qui vous abandonne au bord de la transe.
Je suis au premier rang, je trépigne d’impatience derrière ma relaxe apparente. L’attente est longue. J’ai le temps de divaguer, laisser mes pensées s’égarer sur le “Pearl” de la batterie de Jesus Gimeno. et je rêve de Janis.
Le groupe arrive, accompagné d’Isabel Julve, l’incroyable flamenca à la voix d’or pleine de fêlures.
Le concert commence, les mélodies s’enchaînent heureusement, le génie de chacun traverse l’instrument dont il joue et les notes, dans un enchâssement élaboré, s’unissent. Légères, vives, et harmonieuses .
Isabel Julve est là, détonnante d’énergie et de justesse. Elle avait manqué à l’appel en 2005, je n’avais pas eu le plaisir de la voir sur scène comme hier soir, où sa voix déchirée m’a bouleversée.
La “flamenca preferida” du groupe a montré l’étendue de son talent, tant en danse qu’en chant. Sa voix haute et vibrante a livré ses émotions sans demi-mesures, ses talons ont claqué et son corps a tressailli, et au rythme des notes envoûtantes aux influences multiples, elle a fait revivre toute l’histoire du flamenco.
Les morceaux se sont suivis, alternant les nouveautés de Patchwork et les bons souvenirs de Sao, dont la teneur et le style sont demeurés intacts. Celtic Fandango, Tango al Jerez, Siroco, après les avoir écoutés vingt mille fois sans jamais m’en lasser, je les ai redécouvert comme pour la première fois, avec un enchantement qui frôlait l’hébétude.
Ils ont eu l’audace d’ébranler La foule de Piaf,  et de revisiter la Couleur café de Gainsbourg, en leur insufflant une jeunesse nouvelle sans jamais les ternir.

Jesus Gimeno, en grande forme, a offert à un auditoire conquis une performance mêlant percussions et batterie. La maestria de ses poignets fous a laissé bouche bée nombre d’entre nous, qui le regardions ébahis, disperser avec précision et virtuosité des notes séparées de moins d’un demi ton au gré de ses mouvements d’une agilité déconcertante.  Par trois fois au cours du concert, il s’est emporté avec brio, faisant danser avec adresse les baguettes du cajon.
Matthieu Saglio a offert à ses proches un solo de violoncelle absolument époustouflant, une ode véritable à la pureté de la musique. Ricardo Esteve a, dans une allégresse contagieuse, laissé éclater toute sa virtuosité dans les six cordes de sa guitare.

Dans l’élégance et la distinction, le trio complice fonctionnait toujours à merveille, illuminé par la présence d’Isabel Julve.
3 ans c’était long, mais ça valait largement le coup d’attendre.
Je ressors, munie du dernier album et d’une tonne de bonne humeur. J’allume une cigarette. L’inscription sur mon poignet me fait sourire: AYé. Encore une jolie histoire.
“Remerci beaucoup!”

février 29, 2008 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Conso: J'ai testé pour vous, Critiques et impressions, Le coin des génies, Zaz | | 2 commentaires

INTO THE WILD: Comment Zaz reprend du clavier

Un bail que je n’ai pas écrit…

beaucoup de choses à raconter, beaucoup de critiques à faire, beaucoup de faits à commenter, quelques trésors à louer. Mais pas envie d’écrire. Pas pour le moment du moins.
Vendredi dernier concluait une semaine de travail harassante que je comptais bien clôturer par une jolie soirée.
J’ai quitté mon bureau vers 19h, et décidé d’aller me perdre dans la pénombre bienveillante d’une salle obscure en attendant de rejoindre mes amis plus tard dans la soirée.
Il y eut la salle, le film. et il n’y eut rien d’autre.
C’est armée d’un cornet de pop-corn sucré et d’un soda, et débarassée de mon téléphone, de mon double et des angoisses de ma semaine que j’ai fait mon entrée dans la salle pour regarder INTO THE WILD, le petit bijou de Sean Penn.
There is  pleasure in the pathless woods,
There is rapture on the lonely shore (Un pur ravissement aux confins du désert)
There is society where no one intrudes, (Et de douces présences où nul ne s’aventure)
By the deep sea and the music in its roar; (Au bord de l’océan qui gronde et qui murmure)
I love not man the less, but Nature more (Sans cesser d’aimer l’homme, j’adore la nature)
                                                                                                                      Lord Byron
Quel incroyable voyage…
Décrire le film me parait presque absurde; d’ailleurs que m’en reste-t-il sinon ce sourire stupide et ce souvenir agréable  quand j’y repense?
Sean Penn, trop rare derrière la caméra, nous livre une oeuvre magistrale qui s’émiette sur deux heures et vingt-sept minutes d’harmonie et de bonheur;
Pour son quatrième film en tant que réalisateur, il fait le choix de s’aventurer dans le road movie, dont il renouvelle profondément le genre. 
L’histoire est celle de Christopher Mc Candless (incroyable Emile Hirsch) , ce jeune homme qui, à l’obtention de son diplôme, quitte Atlanta, le giron familial et tous ses avantages matériels pour aller se fondre dans la nature sauvage, poursuivant une quête identitaire qui le conduira de l’Arizona à la Caroline du nord, du Colorado au Golfe de Santa Clara, de Los Angeles (qui l’écoeure profondément), à l’Alaska, but utime du périple.
Loin de s’arrêter à un défilement de beaux paysages, le film raconte une réelle quête initiatique à laquelle le spectateur prend vite part, presque sans s’en rendre compte. L’issue du film est révélée dès les premières minutes, laissant au spectateur le loisir de se concentrer sur les étapes du parcours introspectif d’Alex Supertramp, la part d’innocence de Christopher qui rejette les sous-bassements matériels de notre société de consommation et des vices qui la corrompent.
Avec une habilité incroyable, Sean Penn dévoile le destin de ce jeune aventurier, et nous raconte ce fabuleux voyage, tant intérieur qu’extérieur. il segmente le film en quatre parties, bouleverse la chronologie, et donne (à tort je trouve) le fil de la narration à la soeur du personnage, qui accompagne parfois de mots une réflexion que d’aucuns auront mené individuellement. Les scènes se succèdent sans se suivre, le héros, grandit, mûrit, s’assagit sous l’oeil bienveillant du spectateur conquis. Les paysages estampillés USA plantent le décor: d’immenses étendues froides et immaculées , des routes interminables, des dunes rocailleuses balayées d’une brise poussiéreuse qu’on devine chaude, des gorges et des canyons, des breaks et des pick-ups, tout y est sans pourtant jamais verser dans le cliché ou la facilité.
Le film s’enrichit en outre de l’incroyable performance d’Emile Hirsch, intrépide idéaliste touchant de pureté et d’optimisme. Il se cherche dans les profondeurs de la nature, la considère avec une délicatesse folle. Emile Hirsch, du haut de ses deux décennies fraîchement bouclées, nous livre une performance digne des plus grands de mon panthéon. Avec la fraîcheur de sa jeunesse, il incarne tout en poésie un Alex Supertramp cultivé et téméraire, bien décidé à renaître en plein Alaska, et à profiter du voyage pour se reconstruire au fil des rencontres une nouvelle famille.
Avec sobriété et talent, Sean Penn réussit l’exploit de transformer la nature silencieuse et immobile en un véritable personnage. Dans cette recherche de soi, elle s’impose, intime et intimidante, comme le remède à une société aspetisée et dangereuse. Sans tomber dans le cliché de l’illuminé contestataire aux cheveux longs et aux narines enfumées, il offre au personnage la naïveté touchante et la rebellion pacifiste des hippies, et au film une BO folk qui plante l’ambiance beat du film.
L’optimisme Christopher Mc Candless, heureux de se fondre dans la nature et de se confronter à elle, ne fait pas pour autant d’ INTO THE WILD un mode d’emploi pour l’épanouissment marginal et le retour aux sources primaires, loin de là. En effet, l’issue résolument en rupture avec les happy-endings attendus dans le genre cinématographique et souvent justifiés par des personnages enclins à croire le bonheur à portée de main laisse place à une fin qui interloque. L’homme retouve sa place dans l’univers, la nature reste comme elle est, sauvage et indomptable, même avec beaucoup d’amour et de bonne volonté.
Toutefois, ce qui demeure intact jusqu’au clap de fin, c’est cette soif incroyable de liberté, ce rejet total des interdits, des contraintes, et des fondements de la société contemporaine et de l’establishment bien pensant de cette amérique désenchantée par la guerre du Vietnam.Christopher Mc Candless s’enfuit pour vivre, exactement comme le Samuel Tristan de Hafid Aggoune. Car ce sont les hommes qui poussent Christopher à s’exclure de la société, et non un rejet qu’il porterait de l’humanité. Preuve en est, il s’exile loin des humains mais emporte le meilleur de ce qu’ils ont créé- de l’art- et tient de façon rigoureuse un journal de bord où s’égrènent ses jours au rythme des faits marquants du quotidien. Sa dernière action sera de laisser une note pour ses semblables, et il note même sur une page du “Doctor Zhivago”: Happiness only real when shared.
L’isolement lui rappelle qu’il reste des choses à vivre, et sans la rivière en crue il entamait son voyage de retour. N’écrit il pas pour son centième jour marquant loin de la civilisation: “Become litterally trapped in the wild. No game in sight“.
Je savais en y allant de quel sujet traitait le film. Je savais également qu’il durait 2h27 et je craignais compte tenu du sujet de trouver le film long. Mais je me trompais.
INTO THE WILD ne sera sans doute pas un succès populaire. J’ai d’ailleurs constaté hier avec effarement qu’il n’était nommé aux Oscars que dans la catégorie “Meilleur montage”, une honte quand on s’aperçoit que l’insipide Keira Knightley et son “Reviens moi” peuvent s’énorgueillir de 7 nominations….
Mais il marquera sans doute l’esprit de ceux qui l’auront vu, et y auront apprécié les performances d’acteur de Hirsch, Vaughn, Holbrooke et les autres, le talent et la maîtrise de Sean Penn, le génie d’Eric Gautier (directeur de la photographie) et la synergie de tous ces talents qui a donné naissance à ce bijou. De longues heures après le générique de fin, on reste fasciné par les scènes bouleversantes, ensorcellé par le souffle lyrique du film, cette quête d’absolu, ce voyage aux confins de l’Amérique et de soi.
Et, sur les vieilles notes du Goin up the Country qui a marqué mon adolescence. On se surprend à espérer échapper au tourbillon consumériste de notre folle société….
Two years he walks the earth.
No phone, no pool, no pets, no cigarettes, ultimate freedom.
An extremist. And aesthetic voyager whose home is…the road.
Escaped from Atlanta.
Thoushalt not return ‘cause the “west is the best.”
And now after two rambling years,comes the final and greatest adventure.
The climactic battle to kill the false being within and victoriously conclude the spiritual revolution.
Ten days and nights of freight trains and hitchhiking, bringing him to the great white north.
No longer to be poisoned by civilization, he flees,
and walks alone upon the land to become lost in the wild.
ALEXANDER SUPERTRAMP MAY 1992

janvier 23, 2008 Posté par Zaz | Cinéma et Arts | | 13 commentaires

Comment ça, Grace Slick est finie?!

grace.jpg 

J’ai trouvé sur le net ce petit bijou d’interview par Life magazine de Grace Slick, la chanteuse psychédélique de Jefferson Airplane qui a failli faire prendre au président Richard Nixon, alors en pleine guerre contre la drogue et la contre-culture hippie, 600 microgrammes de LSD. Un geste qui aurait sans doute eu des répercussions historiques notables!

Elle aura lié amitié avec Janis, copiné avec Jim, fumé avec Jimi. La rockeuse, qui s’est greffée au groupe sur le tard (juste après le “boom folk” de la baie de San Fransisco, en 1966, soit un an après la formation du groupe), a su se rendre rapidement indispensable, et c’est notamment à elle que l’on doit les succès qui ont propulsé Jefferson Airplane, alors un groupe de rock sans envergure, dans les rangs de la légende du Rock: Somebody to Love, véritable hymne du summer of love,  et l’inoubliable White Rabbit, masterisé dans la version live de Woodstock 69. 

Cette dernière chanson prend une dimension toute particulière, puisqu’il s’agit là de la première à parler “ouvertement” de drogues sans disparaître sous l’effet de la censure. Le titre fait référence à l’acolyte d’Alice, l’héroïne de Lewis Caroll. Avec une candeur feinte, la chanson phare de l’album Surrealistic Pillow fait l’apologie de la consommation des substances à l’époque en vogue, et particulièrement le LSD et les champignons hallucinogènes. Et sous couvert d’une innocence enfantine, la génération Jefferson Airplane met les pieds dans le plat, prenant à témoin la génération ascendante pour démontrer qu’avant de fonder le mouvement hippie il aura fallu vivre beaucoup de désillusions pour forger leur idéal de paix (que la dure réalité réduira en miettes une décennie plus tard), et baigner dans un univers où même enfants, ils décelaient déjà les allusions aux drogues et paradis artificiels chez leurs personnages préférés (Alice au pays des merveilles en l’occurence -ouvrage truffé de références pour drug-users, et le fameux lapin blanc).

La chanson finit en apothéose sur cette phrase qui avait marqué mon adolescence tangeante et que je pensais naïvement être la seule à saisir (yèk lilou?): “FEED YOUR HEAD”.  Grace Slick nous enrobe de sa voix pleine, lourde et hypnotisante. le chef d’oeuvre qu’est White Rabbit a par ailleurs alimenté l’imagination de nombreux metteurs en scène, puisque plusieurs scènes, parmi lesquelles certaines cultes, ont été habillées par la musique ou le symbole de White Rabbit. Dans les plus célèbres, on retrouve un Benitio Del Toro complètement défoncé essayant de se s’auto-éléctrocuter dans LAS VEGAS PARANO, un Mickael Douglas hébété dans une chambre à la lumière bleue dans THE GAME, et une Ada Nicodemou qui se trouve être la fille portant un tatouage de lapin blanc que NEO devra suivre (“follow the White rabbit”) dans l’une des toutes premières scènes du premier volet de la trilogie Matrix (un film bourré de symboles, qui m’a d’ailleurs fait penser la première fois à ”l’Allégorie de la caverne”, de Platon)

Sans rien enlever au reste de l’album, ce sont réellement ces deux chansons qui se distinguent incontestablement du reste du répertoire de Jefferson Airplane. Woodstock leur offre une notoriété internationale. Ils se reproduiront avec cette chanson au festival d’Altamont, où Marty Balin (membre fondateur des JA), passe un sale quart d’heure sous les coups des Hell’s Angels, chargés d’assurer la sécurité de ce concert gratuit.

Par ailleurs, Grace Slick intervient sur les albums mais mène une carrière parallèle avec son mari, le guitariste du groupe Paul KANTNER. Plus tard, le groupe éclatera en morceaux et se reformera péniblement, jusqu’au début des années 70, où il laisse place aux Jefferson Starship, où figurait entre autres David Crosby et le batteur des Grateful Dead, Jerry Garcia. Grace Slick commet quelques morceaux en dilettante, mais le groupe n’est que l’ombre de lui-même, et l’aura des Jefferson Starship n’est en aucun cas comparable à celle qui a mené les JA au sommet des charts où se tutoyaient en 67 Sergent Pepper’s, Forever Changes, et autres The PiPer at the Gates of Dawn. Au milieu des années 80, Paul KANTNER, guitariste et dernier membre du groupe initial, quitte le groupe en s’assurant que l’utilisation de “JEFFERSON” ne serait plus possible après son départ. Le groupe, dès lors baptisé Starship, connut un certain succès, notamment avec son album Knee Deep in the Hoopla, classé disque de Platine. Quelques autres succès firent tenir le vestige jusqu’au début des années 90, où il se sépare définitivement. Le groupe initial se reforme furtivement en 1992, le temps d’un concert.

 Un arrière goût des 60’s, ravivé par les 40 ans du Summer of Love, célébrés cette année (programmation conséquente sur Arte tout au long du mois) . Je ne comprends d’ailleurs toujours pas pourquoi cette version incroyable ne figure pas dans le film officiel de Woodstock 69…
Plus d’infos »

juillet 12, 2007 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Critiques et impressions, Le coin des génies | | 18 commentaires

Comment Zaz a re-découvert les Mille et une nuits dans une comédie musicale

millenuits_opt1.jpg  

Sur incitation de Label Ash, je suis allée jeudi dernier, jour de la fête de la musique, voir la comédie musicale Les mille et une nuits, de Kamal Dadi (musicien) et Mehdi Zizi (auteur-réalisateur).

Plus d’infos »

juin 24, 2007 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Conso: J'ai testé pour vous, Critiques et impressions, Le coin des génies | | 6 commentaires

How Zaz experienced Andrew Bird… again!

bird.jpg

 Le 4 Juin dernier, j’ai été voir Andrew Bird à la Cigale.Exactement comme l’an dernier, quand sa prestation au Cabaret sauvage avait été une véritable expérience, il est parvenu à réinventer l’ensemble de son dernier album, et la musique toute entière.
Plus d’infos »

juin 23, 2007 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Critiques et impressions | | 6 commentaires

Comment Zaz répond au questionnaire de Procuste

Sur l’invitation de LOULA je m’apprête à répondre au questionnaire de Procuste. Jusque hier, je ne savais pas qui était ce Procuste brigand qui fonctionnait 4 par 4. Le chiffre 4 n’a jamais été le mien, il n’a ni le pouvoir symbolique du 3, ni les qualités mystiques du 5, encore moins la valeur de talisman du 7. Il ne décrit pas l’unicité du 1, n’a pas les formes arrondies et incomplètes du 2, du 6 ou du 9, et est très loin de la perfection originelle du 8. Non, le 4 ne m’a jamais plu, d’autant que par le passé, c’est une note peu glorieuse que j’ai souvent eue en maths… Plus d’infos »

juin 7, 2007 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Critiques et impressions, Le coin des génies | | 20 commentaires

Comment Zaz aime Hafid AGGOUNE

hafid-aggoune.jpg

Il sera pour moi l’Andrew Bird de la littérature. Un funambule des mots, qui danse sur les phrases avec la justesse d’une diva incontestée, et la souplesse d’un rat d’opéra. Le goût qu’il me reste de chacune de ses pages, c’est celui de la justesse; cette obsession que chaque mot est une note nichée dans une symphonie parfaite. Douloureuse de mélancolie, intense d’harmonie.

Plus d’infos »

juin 5, 2007 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Le coin des génies | | 18 commentaires

Comment J’ai vécu ma première corrida

fototaurina_2005_14.jpg

Premier sanglot

Hier j’ai assisté à une véritable boucherie, et aujourd’hui je ne me sens pas prête à remettre ça, alors comme toujours, je pleure derrière mes lunettes de diva. Pourquoi depuis Noël me répète-t-on que c’est magnifique, incroyablement esthétique, que c’est là une vraie communion entre les combattants? je ne vois rien de cela, je ne vois que du sang, de la terre, de la peur, et une foule hystérique. Plus d’infos »

juin 2, 2007 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Critiques et impressions | | 10 commentaires

Comment Zaz attend avec impatience Morituri, de Yasmina Khadra

Zay si tu passes par là aujourd’hui, ce post t’es dédié! Plus d’infos »

mars 29, 2007 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Critiques et impressions | | 5 commentaires

Comment Zaz veut votre avis sur la musique

Un soir en 99, en voiture avec mon père, j’avais mis dans la voiture une vieille cassette de Bob Dylan, évènement qui avait mis mon fossile préféré en émoi, et qui l’avait rempli de fierté, non sans le lancer dans une grande dissertation sur la valeur, le pouvoir fédérateur, les vertus multiples et j’en passe… de la musique. Mon père, que la techno, l’électro,  le R’n’B et globalement tout ce qui est arrivé après les années 70 a laissé de marbre, avait conclu que la vraie musique se perdait, phrase qui avait été accompagnée d’un lourd hochement de tête plein de déception pour toute cette génération qui était la mienne, et qui écoutait de la daube en faisant exploser les décibels.

Qu’en est-il vraiment ? La vraie musique est elle passée au oubliettes, laissant en son lieu et place des vestiges de mélodie et des bribes de rythme ? Taxe-t-on trop facilement d’«artistes» ces personnes marketées et prêtes-au-succès qui sont par ailleurs parfois réellement dénuées de talent ? où bien la musique n’a-t-elle réellement aucune limite, et dans ce cas avons-nous le droit de juger si oui ou non certaines chansons valent la peine d’être écoutées ? En gros, les artistes de génie font-ils l’objet d’un consensus quasi universel, et les daubes dramatiques font-elles l’unanimité ?J’aimerais avoir le sentiment des blogueurs à ce sujet, et si ces mêmes blogueurs trouvaient le temps de répondre à ce petit questionnaire, hé ben… ben en fait ce serait sympa !

 

A vous la régie !

Plus d’infos »

mars 18, 2007 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Mes sautes d'humeur | | 9 commentaires

Comment Zaz s’est extasiée: What a Wonderful World

 Aujourd’hui, mon boss a bien commencé ma semaine. Après m’avoir annoncé que j’aurais des primes inespérées (hé oui Papa, y’a des chances que je réussisse à payer mes premiers impôts toute seule, comme une grande !), il a décrété aux environs de 14H30 qu’aujourd’hui allait être un jour spécial où lui, ainsi que toute son équipe (nous), allions quitter le bureau « tôt » (entendez 19H30). Ne jamais contrecarrer les perspectives de son chef…

Toute une soirée libre en vue ? Inespéré….

Pendant que mon cher et tendre se dore la pilule sous les ampoules du casino de Deauville en vidant des Cuba Libre en même temps que son compte en banque, je me retrouvais à la tête d’une ribambelle d’heures libres que je refusais d’employer à cette occupation pas assez profitable de ruminer. 

Plus d’infos »

janvier 23, 2007 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Le coin des génies | | Un commentaire

Comment Zaz a retrouvé MeOz dans la presse

 Telquel, n°253-254, Rubrique Arts & Culture

Internet.
Mass Propaganda cybernétique
Beaucoup d’artistes de la nouvelle scène commencent à prendre de l’ampleur dans le milieu cybernétique. Où les trouver ? Vous n’avez qu’à chauffer vos souris entre dailymotion.com, myspace.com, youtube.com, les réseaux p2p, les webzines underground locaux et autres blogs.
Voilà une petite sélection d’artistes underground qui ont le mieux réussi à faire d’Internet un moyen de promotion et de diffusion massive de leur musique. On commence avec les Tangérois Zanka Flow, qui cartonnent sur le site de diffusion de vidéos Youtube.com, avec plus de 57 000 visionnements de leur clip “Hah”, un morceau de rap hardcore, tourné dans les sombres ruelles de Tanger. Et toujours sur le même site, Hel lmkane, venus tout droit de Fès, se classent seconds avec plus de 11 000 visionnements du clip “3Chiri”, du méchant rap qui ne risque pas de laisser les amateurs indifférents. Changement de cap vers un son plus calme, avec MeOz et leur démo éponyme, disponible en téléchargement libre sur www.moroccan-undergournd.tk. Un chant envoûtant à vous couper le souffle et une touche de rock oriental pour assaisonner la chose. Après viennent CCA, combo œuvrant dans le metalcore oriental, qui cartonnent sur le même portail de téléchargement avec leur track “Derbek eddo” qui totalise à lui seul plus de 3000 téléchargement.
La sauce est servie, n’hésitez pas à passer à table.

janvier 21, 2007 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Le coin des génies | | Pas encore de commentaires

“Wild at heart” ou Comment Zaz est tombée amoureuse

Sailor à Lula:

“Hey, my snakeskin jacket…  Thanks,    baby… 

Did I ever tell you that this here jacket for me is a symbol of my individuality and my belief in personal freedom?”

décembre 10, 2006 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, La citation du jour | | Pas encore de commentaires

THE MADCAP LAUGHS ou comment Zaz appréhende le génial Syd Barrett

J’ai trouvé sur le net cette interview de l’incroyable SYD BARRETT
Elle date de 1971, et on retrouve bien cette période acidulée dans les propos du musicien de génie.
Un petit retour en arrière..

“The madcap laughs”

Interviewer: Michael Watts
Interviewé: Syd Barrett
Parution: Melody Maker, 27 Mars 1971 Plus d’infos »

décembre 10, 2006 Posté par Zaz | Cinéma et Arts, Le coin des génies | | Pas encore de commentaires