Comment se faire du bien?
Fin de week end. Demain une semaine de labeur reprendra son cours et décèdera samedi matin, vaincue par ma paresse. Je mérite bien un peu de détente, un peu de temps pour moi, pour savourer mon indémodable playlist,résolument vintage.
et celle qui me laisse entrevoir des avenirs en kaleidoscope dès que mes paupières sont closes, celle dont je ne me lasserai jamais….:
Klapisch et Zaz: comment a-t-on pu en arriver là?
Comment rendre drôle et public un adultère assumé

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Comment Zaz se met en veille
Comment Zaz ne sait plus quoi faire de ses valises
Bloguons Utile : Un post pour les jeunes détenus et l’AACRPE
Ils sont là parce que d’une façon ou d’une autre, ils ont enfreint la loi. Ils écopent de peines lourdes, et subissent l’enfermement pour des durées qui dépassent presque leurs âges. Un petit larcin, un vol à l’arrachée, un pétard fumé en pleine rue. Les verdicts tombent sans compassion, leurs plus belles années volent en éclat, souvent pour des méfaits qui ne les auraient sans doute jamais inquiétés s’ils étaient nés du bon côté de l’oued. Dans une société de privilèges, on façonne le destin à notre gré d’un côté, on le subit du mieux qu’on peut de l’autre.
Les voilà condamnés.
Est ce le pire? Sans doute que non.
Les voilà oubliés, voilà le pire.
Hormis les actions menées dans le cadre associatif par de généreux bénévoles à l’image d’Assia El Ouadie dont le courage et la ténacité sont à saluer, il n’est guère de structure encadrante favorisant une réelle insertion dans la vie sociale et professionnelle une fois purgées leurs peines. Et pourtant, faut -il réellement soulever la question de savoir dans quelle mesure ce type d’expérience peut impacter la personnalité d’un individu? Est-il besoin de nombreuses études et analyses avant de comprendre que ces jeunes années d’enfermement peuvent être ravageuses si une réelle structure ne favorise pas une réinsertion réussie?
L’opinion publique ne peut occulter les destins brisés de ces mineurs qui pour la plupart ont simplement tenté de tromper leur misère ou leur faim le temps d’un vol. Elle ne peut pas se désintéresser des conditions de détention de tous ces jeunes détenus à qui tout fait défaut, de l’éducation au soutien psychologique. Elle ne peut simplement pas les laisser livrés à eux-même, brebis égarées et proies faciles du fondamentalisme ou du terrorisme. La colère de ces jeunes détenus doit pouvoir être résorbée sainement, faute de quoi elle risque d’éclabousser les murs de nos villes encore une fois, et nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.
C’est pour apporter un éclairage sur ces causes, peu aidées, pas suffisamment considérées, souvent oubliées, que nous avons décidé de créer le collectif Bloguons Utile. Loin de toute formalité, notre objectif est d’apporter modestement une contribution à ces causes, en faisant d’un loisir quotidien un loisir citoyen et utile.
Nous espérons ainsi créér une émulation autour d’un projet commun dans une blogosphère sans frontières. Toutes les initiatives individuelles sont les bienvenues, la latitude pour agir est extrême et chaque contribution sera d’une grande aide. Vous, blogueurs, lecteurs, internautes à vos heures perdues, pouvez nous aider en faisant vos dons (en espèces, chèque, ou virement bancaire) auprès de l’Association des Amis des Centres de Réforme et de la Protection de l’Enfance ou en collectant auprès de vos lieux de travail, vos écoles ou universités, vos voisins d’immeuble ou de quartier, votre centre de loisir ou votre entourage: des vêtements, des fournitures scolaires, des livres en français ou en arabe, du matériel informatique, etc. Quelque soit l’écho de votre blog auprès du public, quelle que soit la portée de vos écrits, aucun post dédié à cette cause ne sera de trop, puisque chaque lecteur est un donneur potentiel.
Nous nous devons de mener cette action pour favoriser la réinsertion de ces mineurs, et d’encourager les individus, blogueurs ou pas, à apporter leur contribution à cette cause, que ce soit par le volontariat et le bénévolat auprès de l’association, le don financier ou en nature, ou en observant une conduite citoyenne au niveau des entreprises, afin de favoriser la réinsertion professionnelle et offrir des emplois à ces jeunes desquels souvent le marché du travail se détourne.
Tous unis derrière une cause, tous unis pour un Maroc meilleur et plus équitable.
Si vous ne faîtes pas encore partie du collectif Bloguons Utile, envoyez un mail à l’adresse bloguonsutile@gmail.com . Vous serez informés des manifestations en cours ou à venir, et pourrez intervenir activement au sein de l’organisation ou être à votre tour force de proposition pour de prochaines actions.
Tous les dons à l’association devront être versés à l’ACRPE
RIB: 022.780.000.169.00.050.178.71.74 Swift : SGMB MAMC
ou déposés à l’adresse suivante: 6 Rue Houdhoud, Bd Mers Sultan – Appt 17 – Casablanca. (ou Contactez Fatim-Zohra Ammor au +21261 07 41 74)
Parceque notre collectif croit à l’effet papillon, nous comptons sur votre contribution.
A vos claviers.”

Comment se sentir utile?
Avec Zay, tout va vite. On parle du projet en fin de journée, avec une forte détermination, une réelle motivation. Je croule sous le taf. “Oui Zay, il faut qu’on se bouge, qu’on fasse quelque chose. Depuis le temps qu’on dit qu’on en a marre d’exister à travers nos sacs et nos chaussures…”. Je vais dormir, je rêve du dernier Sultan taille haute, du Cannage vernis, et de bobines de pellicules qui déroulent sous mes pieds. Une existence de futilité. Je partage mon rêve avec Zay, qui trouve mes dernières acquisitions “à tôôôômber!”. Mais Zay, elle dort pas, elle est en guerre. Dès le lendemain matin, je croule sous les mails. On doit trouver un nom, un logo, une bannière, écrire un post, contacter la presse, coordonner une action, se trouver une légitimité, domicilier l’association qui devient un fonds marocain qui redevient une assoce européenne qui pense à se fondre dans une autre avant de se décider à devenir un collectif. On s’arrête sur la première cause à défendre: les enfants derrière les barreaux. Zay observe un rythme de croisière de deux mails par demi-heure. Je la soupçonne d’être en congés. Elle jure que non. Je reçois le premier mail du collectif, ah tiens on a une adresse mail officielle. On échange des idées, des points de vue, des coups de fil. Elle coordonne tout ça, m’appelle au bout de 52 heures: le traditionnel “je vais Aux frères Gourmet” devient “je file à Oukacha”. “Très bien, oublie tes décolletés et ton innocence chez toi”. Me rappelle 4 heures plus tard: “Zaz, je fais comment pour l’odeur coincée dans mon nez?” . Je ne sais pas lui répondre. Depuis la terrasse du Latéral avenue MacMahon, je lui suggère de vivre avec. Elle me raconte la détresse de ceux qu’elle a vus, à qui elle a parlé. Détruit mon univers acidulé en quelques phrases. Derrière mes grandes lunettes et ma nouvelle frange, je me sens toute petite. Une conversation s’impose, une vraie organisation nous fait défaut. Tout s’enchaîne trop vite, on sera jamais prêts, comment ça le 23 on poste? et après, une fois qu’on a posté, on fait quoi? ça aide pas vraiment de poster, quand il n’y a rien qui suit. Je suis perplexe. Je crains que d’y aller tête baissée et sans préparation, c’est beaucoup de bruit pour rien.
Je me repose la question: “Ok, on poste. Et après?”
Après, on s’arrête pas. Et c’est juste ça qui compte. On s’arrête pas.



