Dans la bulle de Zaz, un monde à part…

les pieds au sol, la tête dans les nuages

Lobsang Rampa, Baudelaire et Dali: Comment Zaz renoue des contacts

Il est des vérités qu’il vaut mieux ne pas découvrir. Comme le père Noël, ou la petite souris.
En cette période où les gens endossent sans souci des vies qui ne sont pas les leurs (pauvre Mischa de Fonseca et sa véritable fausse autobiographie « Survivre avec les loups »), j’ai eu envie de parler d’une découverte très récente que j’ai faite.

Nous sommes au siècle dernier. J’ai l’adolescence turbulente, la jeunesse insolente, et des amis complètement perchés.

Je cherche LA Vérité universelle, LA Voie à suivre, et Dieu. Dans ma chambre au fond du jardin de mes parents, se perdent dans la fumée les multiples échanges avec mes amis, qui partagent leurs avis sur la vie, la musique, le poids de la destinée, les limites du libre-arbitre, le bien-fondé de l’anarchisme, la mort, l’au-delà, le sens caché de nos actes, la vacuité désespérante de nos vies confortables déjà toutes tracées, et la pérénnité de ce que nous ne bâtirons sans doute jamais, faute de foi, de persévérance et sans doute de génie.

Ces années furent les plus construites de ma vie, et pourtant je retiens de cette période mon instabilité permanente, mes violentes crises de doute, et tous ces questionnements qui n’ont jamais disparu. C’était l’époque où Nass El Ghiwane m’avait réconcilié avec ma langue maternelle que je ne parlais pas, où la peur vivait au fond de moi sans jamais me dominer, où même fragile et vulnérable, je me sentais invincible, car la vie me tendait les bras, et que mon insolente jeunesse me donnait le pouvoir de la repousser.

Janis Joplin, Bob Dylan, Bob Marley, Jimi Hendrix, Jim Morrisson, Led Zeppelin, Jefferson Airplane, Les Stones, Joan Baez, et mille autres ne se sont jamais tu durant cette période. Ils étaient devenus mes meilleurs amis, ceux qui me protégeaient de ce silence qui m’envahissait avec son lot d’idées noires. Je vivais au passé, et me désolais en permanence que les meilleurs soient déjà tous morts.

Le monde me paraissait terne et sans relief, j’aspirais à une élévation spirituelle qui pouvait me disculper de me sentir différente; à l’époque je pensais naïvement qu’un grand dessein attendait chacun d’entre nous, qu’il suffisait de tendre la main et de s’ouvrir aux autres pour que le monde soit un havre de paix et un temple d’harmonie.

Mes lectures subirent un revirement total. Je quittais les grands oncles du classisisme français (Balzac, Zola, et autres Maupassant) la littérature anglaise des 18° et 19° siècles (les soeurs Brontë, Lord Byron, Jane Austen, R.Kipling, etc..) et l’épouvante et la fiction américaine de S. King, Lovecraft et Poe, pour me plonger dans des lectures plus torturées ou plus allumées. A 16 ans je tombai amoureuse de Rimbaud, de Verlaine et Sophocle. La lecture de Baudelaire m’ouvrit des portes nouvelles: je me sentis comprise autant que lui s’était senti incompris.

De 17 à 20 ans, je devins au terme de mille souffrances celle que je suis aujourd’hui. J’adhérai à tous les courants qui portaient quelque chose de prometteur, quelle que fusse sa nature, bonne ou mauvaise. J’admirai l’anarchisme et y adhérai en limitant sa portée aux libres enfants de Summerhill. J’élevai au rang d’idole Thomas More et Kant. J’observais le cynisme chez Jonathan Coe, j’apprenais la tendresse chez Albert Cohen, j’apprivoisais la folie chez Castaneda. Je relisai Nietzsche encore et encore, manquant le principal de son oeuvre, admirant deux choses chez l’homme: le génie de l’écriture, et l’affranchissement de toutes les contraintes. Il était ce que je désirais devenir: une personne libre.
Aujourd’hui encore je fais beaucoup rire les érudits et autre bien-pensants pédants de mon entourage quand j’affirme avec beaucoup de naïveté que Nietzsche est pour moi un Baudelaire abouti, qui a enfin trouvé cet ordre si souvent cherché là haut, en s’affranchissant de tous les pouvoirs qui tentent de l’imposer. Je pense toujours cela…

Je menai parallèlement à mes élucubrations incessantes des études d’économie qui me rappelaient sans cesse ce côté « corporate » de la vie que je haïssais tant, le même côté qui m’a avalé toute entière et qui me permet d’écrire ces lignes aujourd’hui, confortablement installée sur une chaise qui vaut un SMIC. En ce temps je vivais encore sur mes acquis, et usais le temps qui devait me servir à assister aux cours pour vivre intensément et tenter le diable chaque minute qui passait. Je découvrai l’oeuvre de Dali, son humour et sa gravité, et devins une grande admiratrice du créateur qui m’intéressa à l’art ibérique et latin. Avec deux copines, nous tâtonnions dans les sentiers de la découverte, visionnant sans pause les oeuvres de Buñuel, Furtado, et d’Amenabar. Cette fascination pour l’oeuvre de Dali déclencha une réflexion décousue et non aboutie sur les effets du temps, l’aspiration au meilleur, les synergies entre l’art et la science.
Je redemandai à un ami de me réexpliquer le principe d’Archimède, et m’aventurai avec ce maigre bagage dans les topiques freudiennes, et les expériences d’Albert Hoffman. Durant cette période, je me suis abandonnée à des lectures scientifiques dont je n’ai rien retenu, hormis peut-être la théorie du chaos de James Gleick, qui m’avait rendue autiste le temps d’un voyage (désolée).

C’était au moment de ma vie où le mot passion prenait sens pour la première fois. La réalité n’avait pas d’emprise sur moi; je vivais à mille lieues du monde réel, dans un univers où la paix s’obtenait en agitant des branches d’olivier, et où la rédemption se cueillait dans le sourire d’un autre. Comme me le chantait Papa avec nostalgie en me prenant, alors enfant, sur ses genoux, « en ce temps là j’avais vingt ans, » j’avais écumé les lectures ésotériques de ma bibliothèque, je croyais en l’au-delà, en la réincarnation, au symbolisme, à la vie éternelle. Je découvrai le Tibet au travers des livres, et des documentaires. Je rêvais de fouler son sol un jour. Nous avions tracé avec une amie l’itinéraire d’un voyage hypothétique qui n’a jamais vu le jour, et qui  s’achevait sur cette terre dont on rêvait, après avoir traversé le Népal et le Bhoutan pour arriver à Lhasa. Le siècle nouveau pointait son nez à la période où je vénérais Trinh Xuan Thuan , Matthieu Ricard qui menait selon moi une vie de rêve et Confucius, qui était pour moi le comble de l’avant-gardisme puisqu’il était hippie (on se calme, ça n’engage que moi!). A cette époque, Lobsang Rampa et son troisième oeil sont entrés dans ma vie, et ont confirmé la possibilité que me suggérait Stephen King à 13 ans lorsque je lisais Insomnie. Je m’épris de ce grand sage issu du plus sage des pays, et bien que le consumérisme ait eu raison de mon âme vendue et les hommes de mon coeur instable, rien ne parvint jamais à détrôner la sagesse tibétaine dans mon coeur.

Hier, au gré d’une lecture imprévue, j’ai découvert que Lobsang Rampa avait produit le canular littéraire du siècle dernier. Et en regardant le journal télévisé, la colère et la rage m’ont tellement envahie que j’ai pu constater sans mal que je n’avais rien acquis de cette sagesse tibétaine que je chéris tant
En y ayant réfléchi toute la nuit, je trouve finalement que l’histoire du vrai Lobsang Rampa n’en rend l’écrivain que plus génial, et l’homme que plus sage. 
Quant au pauvre Tibet persécuté, je ne sais que dire…
Mais les olives de la salade qui me servit de déjeuner sont toujours dans l’assiette.

mars 20, 2008 Posted by | Critiques et impressions, Mes sautes d'humeur | 17 commentaires

Comment se faire du bien?

Fin de week end. Demain une semaine de labeur reprendra son cours et décèdera samedi matin, vaincue par ma paresse. Je mérite bien un peu de détente, un peu de temps pour moi, pour savourer mon indémodable playlist,résolument vintage. 

et celle qui me laisse entrevoir des avenirs en kaleidoscope dès que mes paupières sont closes, celle dont je ne me lasserai jamais….:

mars 10, 2008 Posted by | Critiques et impressions, Le coin des génies, Mes sautes d'humeur, Zaz | 4 commentaires

Klapisch et Zaz: comment a-t-on pu en arriver là?

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Il fallait que ça arrive: même les plus grands finissent par tomber de leur piédestal (ou du moins trébucher), d’où l’intérêt d’admirer toujours des idoles…décédées, au travail immuable.
Je suis allée voir le dernier bébé de Klapisch hier. 
« Cédric tu m’as déçue. Tout y était pourtant, le casting parfait, l’histoire émouvante, la mise en scène méticuleuse, ton talent, rien ne manquait, sauf une âme au film.
Cédric je n’ai pas retrouvé l’alchimie immanquable de ton travail conjugué aux prestations d’un Romain Duris qui marmonne plus qu’il ne joue. pire encore Cédric, je me suis parfois presque ennuyée. Je n’ai pas retenu les prénoms de tes personnages, parcqu’en dehors du duo Elise/Pierre que tu as abandonné en cours de route alors qu’il s’annonçait vibrant et émouvant, et de Lucchini, exceptionnel par nature mais totalement prévisible en l’espèce, je n’ai rien reconnu de toi.
Ta griffe, je l’ai aperçue dans le rôle de Karin Viard, merveilleuse dans ce rôle ingrat de boulangère précieuse, hystérique et raciste.
Je suis déçue Cédric, parceque tu as mis toute ta technique dans ce film, mais que tu as oublié d’y insuffler l’énergie qui lui manquait pour devenir une autre des tes belles histoires. Tu as enchaîné les plans, multiplié les personnages, soigné tes seconds rôles, mais tu es resté en surface, et tu t’es retrouvé avec tellement de ficelles dans les doigts que tu n’as pas su tirer de cette foule une essence.
J’ai fait de mon mieux pour adhérer à l’histoire, mais je ne trouvais plus de sens aux évolutions, aux intéractions et aux questionnements de certains de tes personnages.
Pourquoi ces mannequins snobinardes de Paris qui rêvent de s’accoquiner dans les chambres froides de Rungis? Pourquoi le clandestin camerounais, abandonné tout au long du film et péniblement récupéré à bord lors de la dernière scène? Pourquoi Olivia Bonamy, puisque sa présence n’enlève ni ne rajoute rien au film? et surtout, pourquoi François Cluzet, inutile sinon pour accentuer le contraste avec son frère?
Rassure toi, Cédric (parcque évidemment, j’ai la faiblesse de croire que mon avis aura de l’importance pour toi). Rassure toi, Paris n’est pas un mauvais film, loin de là. Mais je me suis sentie comme quelqu’un à qui l’on sert un très bon croque-monsieur dans un trois étoiles Michelin. Ce n’est mauvais dans l’absolu, mais étais-je vraiment venue pour ça?
Aller aux projections de tes oeuvres, c’est espérer rencontrer à chaque fois cette magie que je retrouve dans tous tes films, faite d’une sensibilité exarcerbée, d’un rejet de considérer le monde adulte comme un univers d’impossibilités où les rêves d’enfant passent à la trappe, et où les logiques implacables dévastent ce qu’il reste de drôle dans le monde.
j’ai buté sur un film, un film « choral » comme ils disent, où rien ne me parlait, sinon Paris qui m’est si chère, la peur et la tendre confusion d’Elise, la folie douce et le chagrin de cet historien encore endeuillé et livré en pâture à l’injustice de la jeunesse de l’objet de sa convoitise, et cette détestable boulangère à qui il reste encore beaucoup à apprendre de la vie.
Ce que je regrette, c’est d’être peut-être passée à côté du film. J’ai forcément manqué une marche, et j’ai dégringolé en bas de l’escalier. J’ai vu le film en contre-plongée, avec cette insupportable impression que j’attendais à chaque fin de séquence quelque chose qui n’arrivait pas.
Peut être que tu mûris beaucoup trop vite pour moi Cédric, peut être que naïvement, je cherche un « Tomasi » anguleux et sans compromis dans chacun de tes films. Peut-être est il temps que j’arrête, et que j’entreprenne de grandir un peu.
Je t’aime Cédric, parceque si demain tu devais réaliser une sombre merde, elle ne me laisserait pas indifférente, et j’en garderais au moins une réplique que je trouverais phénoménale* ».
* en l’occurrence celle de Lucchini, historien alléché uniquement pour des raisons financières par une proposition de travailler avec  la télévision pour un projet de vulgarisation de l’Histoire : « Vous savez, en France, quand on est chercheur on cherche surtout à joindre les deux bouts »

mars 3, 2008 Posted by | Cinéma et Arts, Le coin des génies, Zaz | 2 commentaires

Comment rendre drôle et public un adultère assumé

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La télé française a décidément beaucoup à apprendre de sa soeur américaine.
Depuis Janvier 2003, ABC compte dans sa nocturnale le Jimmy Kimmel Live, présenté par James Christian Kimmel (l’homme qui donnait sa voix au chien dans le film « Road trip »). En fait de Live il s’agit d’un programme en diffusion légèrement différée (une heure), permettant de biper tous les F*** des invités et de flouter les offenses éventuelles à l’amérique puritaine (celle dont les enfants sont nés dans des choux-fleurs).
Avec cinq ans d’antenne, le Jimmy Kimmel Live reste le late-night show le plus diffusé depuis les trente dernières années sur ABC. Certaines habitudes de l’animateur sont devenues cultes, au même titre que le « amis de l’homme en noir, BONSOIR » de thierry Ardisson. Ainsi, quasiment à chaque fin d’émission, Jimmy Kimmel remercie les invités présents et poursuit par un facétieux « our apologies to Matt Damon, we ran out of time »*, sous entendu qu’il attendrait en vain son tour en coulisses.
Le 31 janvier 2008, pour les 5 ans de l’émission, l’actrice et par ailleurs fiancée de Jimmy Kimmel Sarah Sullivan décide, en compagnie de Matt Damon, de faire une blague à l’animateur.
Je vous laisse apprécier:
La réponse de l’animateur ne se fait pas attendre: un mois plus tard Jimmy Kimmel réplique à la plaisanterie de Sarah, mais il dégaine l’artillerie lourde. En effet, le tournage de ce clip à l’américaine compte à son générique Harrison Ford, Cameron Diaz, Don Cheadle, Robin Williams, Huey Lewis, Rebecca Romijn, Macy Gray, Pete Wentz, Dominic Monaghan, Joel and Benji Madden, Josh Groban, Christina Applegate, Meat Loaf, Perry Farrell, Lance Bass, Joan Jett et même… Brad Pitt, en irrésistible livreur FEDEX.
Décidément, on sent bien que la grève des scénaristes est terminée
Les bips restent insupportables…

mars 3, 2008 Posted by | D'ici et d'ailleurs, Zaz | 6 commentaires

Jerez Texas (2), ou comment Zaz poursuit la saga musicale

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Et de deux!
Hier soir avait lieu au Satellit café le concert parisien très attendu (par moi et deux autres bonnes centaines de personnes) du fabuleux trio de JerezTexas. Jeunes et moins jeunes avaient bravé la pluie et le froid afin de découvrir la nouvelle perle du groupe: Patchwork.
AYé. C’est ce que disait la mention que l’on m’a tamponnée sur le dos de la main, car à la joie d’assister au concert s’ajoutait celle d’y avoir été conviée par l’adorable manager du groupe (encore merci Gabriel!)
Malgré une programmation musicale parmi les meilleures de Paris, je n’avais pas eu l’occasion de retourner au Sat depuis ce fabuleux concert du groupe en 2005, où le hasard m’avait amenée à les découvrir.
Au Sat’, rien n’avait changé; mes souvenirs m’ont un instant laissé penser que la scène avait été déplacée, mais l’endroit était toujours aussi chaleureux et original, avec ses murs noirs parsemés d’étoiles et sa musique qui vous abandonne au bord de la transe.
Je suis au premier rang, je trépigne d’impatience derrière ma relaxe apparente. L’attente est longue. J’ai le temps de divaguer, laisser mes pensées s’égarer sur le « Pearl » de la batterie de Jesus Gimeno. et je rêve de Janis.
Le groupe arrive, accompagné d’Isabel Julve, l’incroyable flamenca à la voix d’or pleine de fêlures.
Le concert commence, les mélodies s’enchaînent heureusement, le génie de chacun traverse l’instrument dont il joue et les notes, dans un enchâssement élaboré, s’unissent. Légères, vives, et harmonieuses .
Isabel Julve est là, détonnante d’énergie et de justesse. Elle avait manqué à l’appel en 2005, je n’avais pas eu le plaisir de la voir sur scène comme hier soir, où sa voix déchirée m’a bouleversée.
La « flamenca preferida » du groupe a montré l’étendue de son talent, tant en danse qu’en chant. Sa voix haute et vibrante a livré ses émotions sans demi-mesures, ses talons ont claqué et son corps a tressailli, et au rythme des notes envoûtantes aux influences multiples, elle a fait revivre toute l’histoire du flamenco.
Les morceaux se sont suivis, alternant les nouveautés de Patchwork et les bons souvenirs de Sao, dont la teneur et le style sont demeurés intacts. Celtic Fandango, Tango al Jerez, Siroco, après les avoir écoutés vingt mille fois sans jamais m’en lasser, je les ai redécouvert comme pour la première fois, avec un enchantement qui frôlait l’hébétude.
Ils ont eu l’audace d’ébranler La foule de Piaf,  et de revisiter la Couleur café de Gainsbourg, en leur insufflant une jeunesse nouvelle sans jamais les ternir.

Jesus Gimeno, en grande forme, a offert à un auditoire conquis une performance mêlant percussions et batterie. La maestria de ses poignets fous a laissé bouche bée nombre d’entre nous, qui le regardions ébahis, disperser avec précision et virtuosité des notes séparées de moins d’un demi ton au gré de ses mouvements d’une agilité déconcertante.  Par trois fois au cours du concert, il s’est emporté avec brio, faisant danser avec adresse les baguettes du cajon.
Matthieu Saglio a offert à ses proches un solo de violoncelle absolument époustouflant, une ode véritable à la pureté de la musique. Ricardo Esteve a, dans une allégresse contagieuse, laissé éclater toute sa virtuosité dans les six cordes de sa guitare.

Dans l’élégance et la distinction, le trio complice fonctionnait toujours à merveille, illuminé par la présence d’Isabel Julve.
3 ans c’était long, mais ça valait largement le coup d’attendre.
Je ressors, munie du dernier album et d’une tonne de bonne humeur. J’allume une cigarette. L’inscription sur mon poignet me fait sourire: AYé. Encore une jolie histoire.
« Remerci beaucoup! »
www.jereztexas.com

février 29, 2008 Posted by | Cinéma et Arts, Conso: J'ai testé pour vous, Critiques et impressions, Le coin des génies, Zaz | 2 commentaires

Comment Zaz se met en veille

Bien sûr c’est stupide. Pourquoi vouloir usurper l’identité d’un autre, s’inventer une vie qu’on n’a pas?
Pour la plaisanterie répondra-t-il. Une de celles qui virent au cauchemar et font regretter d’avoir eu l’envie de redresser les commissures.
Encore une preuve que le Maroc est un pays incohérent, incompréhensible, qui se distingue par la dichotomie entre la direction qu’il annonce vouloir prendre et celle où le guident réellement ses pas.
Fouad Mourtada rejoint la liste déjà trop longue des victimes de la répression aveugle et de la machine à broyer des vies qu’est parfois notre cher makhzen. Comme les musiciens « satanistes » dont l’histoire inspire un film marocain qui sortira prochainement (Les anges de Satan, d’Ahmed Boulane) et celle du « scandale gay » de Kser el kebir dont on ne connait toujours pas le verdict, il semblerait que Fouad Mourtada soit entré en collision directe avec l’humour à la sauce makhzannienne, et tout le monde sait comme ils sont drôles, surtout quand ils font preuve de zèle….
Ce jeune homme, ingénieur de métier, aurait tout au plus mérité d’être réprimandé, voire sermonné sur sa conception de l’amusement et ses entraves au protocole et à la constitution. Il se retrouve aujourd’hui brisé, à genou et à la une d’une triste actualité.
Ce blog comme des dizaines d’autres marque son soutien à Fouad Mourtada, et s’insurge contre les pratiques ultra-répressives du plus beau pays du monde.
http://www.helpfouad.com/

février 19, 2008 Posted by | Mes sautes d'humeur, Politique, Zaz | 4 commentaires

Comment Zaz ne sait plus quoi faire de ses valises

Où suis je?
Où vais je?
Me voilà enfin confrontée à ce choix que j’ai réussi à éviter toutes ces années. Quitter la France? Rentrer au bercail? Aller explorer de nouvelles contrées? S’offir un nouveau départ?
Un dilemne qui arrive avec son lot de doutes, de remises en causes, et parfois de regrets.
Je cherche à élire mon « chez moi ». Un endroit où poser mes valises, sentir que demain se construit activement, que demain a un sens.
D’aucuns me rétorqueront que « chez moi » je le porte en moi, c’est dans mon coeur où que j’aille.
Mais je n’ai pas cette largesse d’esprit, je ne sais pas m’accomoder de ce genre de répliques. chez moi doit contenir un code postal qui arrête de changer au gré de mes humeurs.
J’évalue, je compare, je mesure les impacts d’un choix, les incidences d’une décision, les conséquences d’une action non réfléchie. je resitue le débat, multiplie les prismes de réflexion, organise mon argumentation. je constate avec effroi que ma seule question se résume finalement à « qui suis-je? »
Je me répète cette question: qui suis-je?
Je pensais pourtant y avoir répondu avant de clore le chapitre haut en couleurs de mon adolescence turbulente.
Je suis surprise de constater que visiblement je me suis trompée.
Qui suis je?
Pourquoi ai-je si peur de retourner dans un pays qui est le mien, alors que rien d’autre ne compte depuis déjà quelques mois? Pourquoi ai-je autant de mal à franchir le cap?
pourquoi je me sens enserrée dans un étau dès que la perspective de retour prend forme, alors que je gaspille mes journées ici à trouver les rues trop larges, les gens trop distants, le temps et les humeurs trop froides?
Je me demande ce que m’offrira mon pays, et ce que je pourrai lui apporter, une fois mise de côté une jolie existence dorée.
Et ce que m’offre mon pays d’adoption, une fois écarté ce sentiment de non-appartenance que je m’amuse à entretenir. Et aussi tout ce dont il me prive.
Le bilan est mitigé des deux côtés, mais je ne peux pas me satisfaire de mes hésitations, puisque je dois trancher.
Et il y a toi. c’est beaucoup trop. C’est tellement peu.
Jusqu’où vais-je devoir ronger mes angles pour retrouver ma place dans ma bulle? Qui deviendrai-je si je dois renoncer à mon exhubérance, à ma petite folie chronique qui me fait m’aimer bien?
Et si en restant ici je ne faisais que reculer une échéance indélibile qui arrivera inexorablement à son terme? et qu’au passage j’en profite pour me perdre sans jamais plus me retrouver?
Et si je m’avouais qu’au fond, toutes ces complications m’évitent d’affronter l’essentiel? et qu’au fond, je trouve mon salut dans une fuite éternelle?  

février 11, 2008 Posted by | Zaz | 16 commentaires

INTO THE WILD: Comment Zaz reprend du clavier

Un bail que je n’ai pas écrit…

beaucoup de choses à raconter, beaucoup de critiques à faire, beaucoup de faits à commenter, quelques trésors à louer. Mais pas envie d’écrire. Pas pour le moment du moins.
Vendredi dernier concluait une semaine de travail harassante que je comptais bien clôturer par une jolie soirée.
J’ai quitté mon bureau vers 19h, et décidé d’aller me perdre dans la pénombre bienveillante d’une salle obscure en attendant de rejoindre mes amis plus tard dans la soirée.
Il y eut la salle, le film. et il n’y eut rien d’autre.
C’est armée d’un cornet de pop-corn sucré et d’un soda, et débarassée de mon téléphone, de mon double et des angoisses de ma semaine que j’ai fait mon entrée dans la salle pour regarder INTO THE WILD, le petit bijou de Sean Penn.
There is  pleasure in the pathless woods,
There is rapture on the lonely shore (Un pur ravissement aux confins du désert)
There is society where no one intrudes, (Et de douces présences où nul ne s’aventure)
By the deep sea and the music in its roar; (Au bord de l’océan qui gronde et qui murmure)
I love not man the less, but Nature more (Sans cesser d’aimer l’homme, j’adore la nature)
                                                                                                                      Lord Byron
Quel incroyable voyage…
Décrire le film me parait presque absurde; d’ailleurs que m’en reste-t-il sinon ce sourire stupide et ce souvenir agréable  quand j’y repense?
Sean Penn, trop rare derrière la caméra, nous livre une oeuvre magistrale qui s’émiette sur deux heures et vingt-sept minutes d’harmonie et de bonheur;
Pour son quatrième film en tant que réalisateur, il fait le choix de s’aventurer dans le road movie, dont il renouvelle profondément le genre. 
L’histoire est celle de Christopher Mc Candless (incroyable Emile Hirsch) , ce jeune homme qui, à l’obtention de son diplôme, quitte Atlanta, le giron familial et tous ses avantages matériels pour aller se fondre dans la nature sauvage, poursuivant une quête identitaire qui le conduira de l’Arizona à la Caroline du nord, du Colorado au Golfe de Santa Clara, de Los Angeles (qui l’écoeure profondément), à l’Alaska, but utime du périple.
Loin de s’arrêter à un défilement de beaux paysages, le film raconte une réelle quête initiatique à laquelle le spectateur prend vite part, presque sans s’en rendre compte. L’issue du film est révélée dès les premières minutes, laissant au spectateur le loisir de se concentrer sur les étapes du parcours introspectif d’Alex Supertramp, la part d’innocence de Christopher qui rejette les sous-bassements matériels de notre société de consommation et des vices qui la corrompent.
Avec une habilité incroyable, Sean Penn dévoile le destin de ce jeune aventurier, et nous raconte ce fabuleux voyage, tant intérieur qu’extérieur. il segmente le film en quatre parties, bouleverse la chronologie, et donne (à tort je trouve) le fil de la narration à la soeur du personnage, qui accompagne parfois de mots une réflexion que d’aucuns auront mené individuellement. Les scènes se succèdent sans se suivre, le héros, grandit, mûrit, s’assagit sous l’oeil bienveillant du spectateur conquis. Les paysages estampillés USA plantent le décor: d’immenses étendues froides et immaculées , des routes interminables, des dunes rocailleuses balayées d’une brise poussiéreuse qu’on devine chaude, des gorges et des canyons, des breaks et des pick-ups, tout y est sans pourtant jamais verser dans le cliché ou la facilité.
Le film s’enrichit en outre de l’incroyable performance d’Emile Hirsch, intrépide idéaliste touchant de pureté et d’optimisme. Il se cherche dans les profondeurs de la nature, la considère avec une délicatesse folle. Emile Hirsch, du haut de ses deux décennies fraîchement bouclées, nous livre une performance digne des plus grands de mon panthéon. Avec la fraîcheur de sa jeunesse, il incarne tout en poésie un Alex Supertramp cultivé et téméraire, bien décidé à renaître en plein Alaska, et à profiter du voyage pour se reconstruire au fil des rencontres une nouvelle famille.
Avec sobriété et talent, Sean Penn réussit l’exploit de transformer la nature silencieuse et immobile en un véritable personnage. Dans cette recherche de soi, elle s’impose, intime et intimidante, comme le remède à une société aspetisée et dangereuse. Sans tomber dans le cliché de l’illuminé contestataire aux cheveux longs et aux narines enfumées, il offre au personnage la naïveté touchante et la rebellion pacifiste des hippies, et au film une BO folk qui plante l’ambiance beat du film.
L’optimisme Christopher Mc Candless, heureux de se fondre dans la nature et de se confronter à elle, ne fait pas pour autant d’ INTO THE WILD un mode d’emploi pour l’épanouissment marginal et le retour aux sources primaires, loin de là. En effet, l’issue résolument en rupture avec les happy-endings attendus dans le genre cinématographique et souvent justifiés par des personnages enclins à croire le bonheur à portée de main laisse place à une fin qui interloque. L’homme retouve sa place dans l’univers, la nature reste comme elle est, sauvage et indomptable, même avec beaucoup d’amour et de bonne volonté.
Toutefois, ce qui demeure intact jusqu’au clap de fin, c’est cette soif incroyable de liberté, ce rejet total des interdits, des contraintes, et des fondements de la société contemporaine et de l’establishment bien pensant de cette amérique désenchantée par la guerre du Vietnam.Christopher Mc Candless s’enfuit pour vivre, exactement comme le Samuel Tristan de Hafid Aggoune. Car ce sont les hommes qui poussent Christopher à s’exclure de la société, et non un rejet qu’il porterait de l’humanité. Preuve en est, il s’exile loin des humains mais emporte le meilleur de ce qu’ils ont créé- de l’art- et tient de façon rigoureuse un journal de bord où s’égrènent ses jours au rythme des faits marquants du quotidien. Sa dernière action sera de laisser une note pour ses semblables, et il note même sur une page du « Doctor Zhivago »: Happiness only real when shared.
L’isolement lui rappelle qu’il reste des choses à vivre, et sans la rivière en crue il entamait son voyage de retour. N’écrit il pas pour son centième jour marquant loin de la civilisation: « Become litterally trapped in the wild. No game in sight« .
Je savais en y allant de quel sujet traitait le film. Je savais également qu’il durait 2h27 et je craignais compte tenu du sujet de trouver le film long. Mais je me trompais.
INTO THE WILD ne sera sans doute pas un succès populaire. J’ai d’ailleurs constaté hier avec effarement qu’il n’était nommé aux Oscars que dans la catégorie « Meilleur montage », une honte quand on s’aperçoit que l’insipide Keira Knightley et son « Reviens moi » peuvent s’énorgueillir de 7 nominations….
Mais il marquera sans doute l’esprit de ceux qui l’auront vu, et y auront apprécié les performances d’acteur de Hirsch, Vaughn, Holbrooke et les autres, le talent et la maîtrise de Sean Penn, le génie d’Eric Gautier (directeur de la photographie) et la synergie de tous ces talents qui a donné naissance à ce bijou. De longues heures après le générique de fin, on reste fasciné par les scènes bouleversantes, ensorcellé par le souffle lyrique du film, cette quête d’absolu, ce voyage aux confins de l’Amérique et de soi.
Et, sur les vieilles notes du Goin up the Country qui a marqué mon adolescence. On se surprend à espérer échapper au tourbillon consumériste de notre folle société….
Two years he walks the earth.
No phone, no pool, no pets, no cigarettes, ultimate freedom.
An extremist. And aesthetic voyager whose home is…the road.
Escaped from Atlanta.
Thoushalt not return ‘cause the “west is the best.”
And now after two rambling years,comes the final and greatest adventure.
The climactic battle to kill the false being within and victoriously conclude the spiritual revolution.
Ten days and nights of freight trains and hitchhiking, bringing him to the great white north.
No longer to be poisoned by civilization, he flees,
and walks alone upon the land to become lost in the wild.
ALEXANDER SUPERTRAMP MAY 1992

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janvier 23, 2008 Posted by | Cinéma et Arts | 13 commentaires

Bloguons Utile : Un post pour les jeunes détenus et l’AACRPE

Ils sont là parce que d’une façon ou d’une autre, ils ont enfreint la loi. Ils écopent de peines lourdes, et subissent l’enfermement pour des durées qui dépassent presque leurs âges. Un petit larcin, un vol à l’arrachée, un pétard fumé en pleine rue. Les verdicts tombent sans compassion, leurs plus belles années volent en éclat, souvent pour des méfaits qui ne les auraient sans doute jamais inquiétés s’ils étaient nés du bon côté de l’oued. Dans une société de privilèges, on façonne le destin à notre gré d’un côté, on le subit du mieux qu’on peut de l’autre. 

Les voilà condamnés.

Est ce le pire? Sans doute que non.

Les voilà oubliés, voilà le pire.

Hormis les actions menées dans le cadre associatif par de généreux bénévoles à l’image d’Assia El Ouadie dont le courage et la ténacité sont à saluer, il n’est guère de structure encadrante favorisant une réelle insertion dans la vie sociale et professionnelle une fois purgées leurs peines. Et pourtant, faut -il réellement soulever la question de savoir dans quelle mesure ce type d’expérience peut impacter la personnalité d’un individu? Est-il besoin de nombreuses études et analyses avant de comprendre que ces jeunes années d’enfermement peuvent être ravageuses si une réelle structure ne favorise pas une réinsertion réussie?

L’opinion publique ne peut occulter les destins brisés de ces mineurs qui pour la plupart ont simplement tenté de tromper leur misère ou leur faim le temps d’un vol. Elle ne peut pas se désintéresser des conditions de détention de tous ces  jeunes détenus à qui tout fait défaut, de l’éducation au soutien psychologique. Elle ne peut simplement pas les laisser livrés à eux-même, brebis égarées et proies faciles du fondamentalisme ou du terrorisme. La colère de ces jeunes détenus doit pouvoir être résorbée sainement, faute de quoi elle risque d’éclabousser les murs de nos villes encore une fois, et nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.

C’est pour apporter un éclairage sur ces causes, peu aidées, pas suffisamment considérées, souvent oubliées, que nous avons décidé de créer le collectif Bloguons Utile. Loin de toute formalité, notre objectif est d’apporter modestement une contribution à ces causes, en faisant d’un loisir quotidien un loisir citoyen et utile.

Nous espérons ainsi créér une émulation autour d’un projet commun dans une blogosphère sans frontières. Toutes les initiatives individuelles sont les bienvenues, la latitude pour agir est extrême et chaque contribution sera d’une grande aide. Vous, blogueurs, lecteurs, internautes à vos heures perdues, pouvez nous aider en faisant vos dons  (en espèces, chèque, ou virement bancaire) auprès de l’Association des  Amis des Centres de Réforme et de la Protection de l’Enfance ou en collectant auprès de vos lieux de travail, vos écoles ou universités, vos voisins d’immeuble ou de quartier, votre centre de loisir ou votre entourage: des vêtements, des fournitures scolaires, des livres en français ou en arabe, du matériel informatique, etc. Quelque soit l’écho de votre blog auprès du public, quelle que soit la portée de vos écrits, aucun post dédié à cette cause ne sera de trop, puisque chaque lecteur est un donneur potentiel.

Nous nous devons de mener cette action pour favoriser la réinsertion de ces mineurs, et d’encourager les individus, blogueurs ou pas, à apporter leur contribution à cette cause, que ce soit par le volontariat et le bénévolat auprès de l’association, le don financier ou en nature, ou en observant une conduite citoyenne au niveau des entreprises, afin de favoriser la réinsertion professionnelle et offrir des emplois à ces jeunes desquels souvent le marché du travail se détourne.

Tous unis derrière une cause, tous unis pour un Maroc meilleur et plus équitable.

Si vous ne faîtes pas encore partie du collectif Bloguons Utile, envoyez un mail à l’adresse bloguonsutile@gmail.com . Vous serez informés des manifestations en cours ou à venir, et pourrez intervenir activement au sein de l’organisation ou être à votre tour force de proposition pour de prochaines actions.

Tous les dons à l’association devront être versés à l’ACRPE

RIB: 022.780.000.169.00.050.178.71.74  Swift : SGMB MAMC

ou déposés à l’adresse suivante: 6 Rue Houdhoud, Bd Mers Sultan – Appt 17 – Casablanca. (ou Contactez Fatim-Zohra Ammor au +21261 07 41 74)

Parceque notre collectif croit à l’effet papillon, nous comptons sur votre contribution.

A vos claviers. »

septembre 23, 2007 Posted by | Critiques et impressions, Mes sautes d'humeur, Zaz | 7 commentaires

Comment se sentir utile?

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Avec Zay, tout va vite. On parle du projet en fin de journée, avec une forte détermination, une réelle motivation. Je croule sous le taf. « Oui Zay, il faut qu’on se bouge, qu’on fasse quelque chose. Depuis le temps qu’on dit qu’on en a marre d’exister à travers nos sacs et nos chaussures… ». Je vais dormir, je rêve du dernier Sultan taille haute, du Cannage vernis, et de bobines de pellicules qui déroulent sous mes pieds. Une existence de futilité. Je partage mon rêve avec Zay, qui trouve mes dernières acquisitions « à tôôôômber! ». Mais Zay, elle dort pas, elle est en guerre. Dès le lendemain matin, je croule sous les mails. On doit trouver un nom, un logo, une bannière, écrire un post, contacter la presse, coordonner une action, se trouver une légitimité, domicilier l’association qui devient un fonds marocain qui redevient une assoce européenne qui pense à se fondre dans une autre avant de se décider à devenir un collectif. On s’arrête sur la première cause à défendre: les enfants derrière les barreaux. Zay observe un rythme de croisière de deux mails par demi-heure. Je la soupçonne d’être en congés. Elle jure que non. Je reçois le premier mail du collectif, ah tiens on a une adresse mail officielle. On échange des idées, des points de vue, des coups de fil. Elle coordonne tout ça, m’appelle au bout de 52 heures: le traditionnel « je vais Aux frères Gourmet » devient « je file à Oukacha ». « Très bien, oublie tes décolletés et ton innocence chez toi ». Me rappelle 4 heures plus tard: « Zaz, je fais comment pour l’odeur coincée dans mon nez? » . Je ne sais pas lui répondre. Depuis la terrasse du Latéral avenue MacMahon, je lui suggère de vivre avec. Elle me raconte la détresse de ceux qu’elle a vus, à qui elle a parlé. Détruit mon univers acidulé en quelques phrases. Derrière mes grandes lunettes et ma nouvelle frange, je me sens toute petite. Une conversation s’impose, une vraie organisation nous fait défaut. Tout s’enchaîne trop vite, on sera jamais prêts, comment ça le 23 on poste? et après, une fois qu’on a posté, on fait quoi? ça aide pas vraiment de poster, quand il n’y a rien qui suit. Je suis perplexe. Je crains que d’y aller tête baissée et sans préparation, c’est beaucoup de bruit pour rien.

Je me repose la question: « Ok, on poste. Et après? »

Après, on s’arrête pas. Et c’est juste ça qui compte. On s’arrête pas.

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septembre 19, 2007 Posted by | Zaz | 9 commentaires

Comment les arrêter?

j’apprends à l’instant qu’un attentat suicide à Batna en Algérie a fait il y a une dizaine de minutes dix morts et 23 blessés. L’attentait était dirigé apparemment contre le président Bouteflika, qui n’était pas encore sur les lieux de l’attentat au moment où ce dernier a été perpétré. c’est tout ce que je sais pour le moment.

Comment cela a pu arriver? Comment les arrêter?

Toutes mes pensées vont au peuple algérien, en particulier aux victimes et à leurs familles.

septembre 6, 2007 Posted by | Politique | 10 commentaires

Comment il est mort, Basri?

Un petit post ultra rapide pour m’étonner du fait que je viens d’apprendre le décès de l’obscur Driss Basri à Paris, le 27 Août dernier. Un rapide communiqué aurait été publié au Maroc, mais les grands médias n’ont pas jugé intéressant de faire circuler l’info (ou alors c’était pas flagrant!). Curieux quand on sait qu’on parle de l’ex Homme Fort du royaume au zèle excessif, le saigneur de SM Hassan II comme je l’ai lu sur le net.

Dans nos coutumes, il est interdit de dire du mal des morts. Ceci explique sans doute le silence qui entoure la nouvelle, car comment serait il possible de dire du bien d’un tel homme?

Pendant 45 ans, il aura exécuté ou sous-traité toutes les basses oeuvres du royaume, à grands coups d’actes liberticides (trucage d’éléctions, nominations douteuses, instauration de la terreur) et de violations des droits de l’homme (on ne parle plus des crimes terribles des années de plomb: tortures, dispartitions, j’en passe et des meilleures). Sa révocation avait été un geste fort à l’arrivée de SM au pouvoir, dévoilant ainsi une véritable volonté de rupture avec une politique ultra-répressive et une administration outrageusement corrompue.

Décédé d’un cancer et surtout en toute impunité, l’homme de main de feu SM le roi Hassan II, exilé en france depuis sa disgrâce quand SM le roi Med VI accède au trône, n’a jamais eu à répondre de ses actes. Emportant dans sa tombe une partie des secrets qui hantent le Maroc, l’ex Grand Vizir s’octroie en plus le privilège d’être mis en terre à Rabat, dans le cimetière des Martyrs qui jouxte le siège du conseil constitutif des Droits de l’Homme, qui a par ailleurs tenté plusieurs fois de le confronter à ses actes, en vain.

Les hauts dignitaires de l’état, à qui il a enseigné la mauvaise foi et la servilité outrancière, ne se sont pas bousculés pour accompagner à son ultime résidence la dépouille du mouton noir du pays. 

A la presse française (la seule à accorder au ministre déchu et sans-papiers une petite tribune après son limogeage), il aurait dit, plein d’aigreur: « ceux qui se montrent les plus virulents envers moi sont ceux que j’ai fait ». Quand on voit que des hauts dignitaires et des notables qui se glorifiaient à l’époque d’avoir parlé, serré la main, foulé le green ou travaillé avec Driss Basri, aucun ou presque n’a voulu assister aux obsèques, on est en droit de se faire beaucoup de souci pour le Maroc, son Makhzen, et ses institutions…

septembre 3, 2007 Posted by | Mes sautes d'humeur, Politique | 14 commentaires

BLOG EN VACACIONES

Hello everyone!

Merci pour les mails, les appels et les commentaires de ceux qui se sont enquerri de ma disparition🙂

Je me dore la pilule en toute quietude, loin de ma trepidante vie parisienne.

Ici tout n·est qu·ordre et beaute,

luxe, calme et volupte

comme dirait l·autre.

Anyway, bisous  a tous et on debriefe les vacances a la rentree!

PS: bien sur je ne suis pas subitement devenue nulle en orthographe, mais ce clavier me sort par les yeux!!!! 

août 21, 2007 Posted by | Uncategorized | 16 commentaires

Comment Sailor m’a fait douter …

Ta voix comme un lacet autour de ma cheville et tes bras enroulent ma tristesse
Mon âme qui meurt chaque jour et ton corps sur le mien
Et moi qui te supplie de m’emmener tandis que je m’en vais
Et que les ballons d’eau qui coulent effacent ton odeur
Et hier qui n’en finit pas et qui devient demain
Mon parapluie contre le soleil et mon sourire contre moi même
Et le soleil qui meurt sous mes talons ingrats
Et mes vieilles bottes qui pleurent déja le bon vieux temps
Et des ballons d’eau qui coulent sur hier déjà loin
Et hier s’en revient demain
Je mange ta douleur et je triomphe de nous
Et la lumière qui revient et mon parapluie troué
Et le soleil qui s’engouffre comme tu faisais hier
Quand ton souffle dans ma main me brisait les tympans
Les ballons d’eau qui pleuvent sans cesse sous les ponts
Et les cloches d’hier qui n’augurent rien de bon
Et l’opéra de Lynch et les deserts de sables
Qui me piquent les yeux et ta main sur mon dos
Lula qui se réveille en plein dans la nuit noire
Et qui ne veut plus vivre pour voir venir demain
Et demain qui se noie dans les relents d’hier
Et les ballons qui pleuvent fleurent bon la lumière
Mes vieilles bottes marron dont le cuir est passé
Se conjuguent au futur et veulent braver la nuit
Et cette nuit qui lutte pour ne pas enfanter
D’un demain mort-né qu’a enterré hier

Et j’ai remis mes bottes mon amour pour demain

Et j’ai dans la main des tas de ballons roses

Et demain qui eclipse toutes les promesses d’hier

Et dans ma bouche qui fond un souvenir menthol

Et au fond de ma gorge un arrière-goût amer

Et sur mes lèvres demain juste un baiser d’hier.

juillet 25, 2007 Posted by | Mes sautes d'humeur | 15 commentaires

Comment, où, que faire à Dakhla?

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 La première fois qu’on m’en a parlé, c’était il y a trois ans. Un couple d’amis qui déplorait ne pas me voir pendant une semaine de vacances à Casa parcequ’ils partaient en voyage.

-« Vraiment? Où ça?

– On va à Dakhla (voix surexitée et yeux qui pétillent coupés au montage)

– Vraiment? Où ça??

– A Dakhla!

– Hé ben… amusez vous bien alors, que dire? »

 Dakhla. C’est où ce patelin? Depuis trois ans, je vois que Dakhla est devenue LA destination sympa, un peu comme Mirleft, inconnue ou méconnue il y a dix ans, et propulsée super spot aujourd’hui. Ou les cascades d’A9kchour. Ou les plages de Tamri. Ou tous ces endroits reculés, voire inhabités, où on se sentait à l’époque comme le premier homme sur la lune, et qui sont des destinations communes de nos jours.

Il faut que j’aille à Dakhla. Et c’est décidé,  Zay et moi on y consacre 4 jours de notre précieux mois d’Août, où le temps est dépensé avec parcimonie (plus pour moi qu’elle parceque la vérité c’est qu’elle s’en tape)

Comme nous sommes deux chochottes qui se prennent pour des baroudeuses, on a besoin d’un peu d’aide pour la logistique, alors si vous avez des infos sur les itinéraires Casa-Dakhla (avion ou voiture) des adresses d’hôtels ou de ryads sympas pour deux jeunes filles en mal de tranquilité qui n’envisagent pas une seconde de se faire draguer par le réceptionniste, des plans culture de la région, des idées de choses à faire, des impressions de voyage à partager, A VOS CLAVIERS!  Et d’avance, merci!

juillet 16, 2007 Posted by | Critiques et impressions | 36 commentaires

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